Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
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23 sept. 2008

Au-delà du Styx

Photo : le monument aux morts et l'église de Neuville-Saint-Vaast. Merci à Thierry Cornet qui a rendu cette photo possible.

En dépassant les portes de Neuville-Saint-Vaast, dans la nuit du 25 au 26 mai, le 36e régiment d'infanterie franchit les rives du Styx. Depuis dix-sept jours, alors que Joffre a donné le coup d'envoi d'une deuxième offensive dans l'Artois, le nord d'Arras est devenu une antichambre de l'enfer. Accrochée aux pentes de la crête de Vimy, l'armée française du général d'Urbal se brise en ressacs sanglants contre la ligne allemande. A l'inverse, elle doit, dès le 22 mai, repousser de sanglantes contre-attaques. Dans le secteur sud, cette ligne de feu ininterrompue est particulièrement violente aux points d'appui organisés par les Allemands. Des "Ouvrages Blancs", dans la plaine, face à Mont-Saint-Eloi, jusqu'au "Labyrinthe", vaste zone équipée d'abris bétonnés, de casemates et de nids de mitrailleuses, c'est un ouragan de feu ininterrompu. La 10e brigade, qui comprend le 36e et le 129e, est est chargée "d'assurer l'inviolabilité du front qui lui est confié et de poursuivre l'aménagement du secteur en vue d'attaques prochaines."
A quoi ressemblait Neuville-Saint-Vaast à la veille de cette attaque ? Quelques textes témoignent du degré de sophistication de sa défense. Dans un article paru le 12 juin 1915 dans la revue L'illustration, intitulé "La défensive allemande", le journaliste rapporte qu'en Artois "les tranchées et les boyaux de communication sont très profonds et très étroits. (...) Les maisons des villages sont organisées spécialement pour la défense pied à pied. (...). Les murs de clôture, les haies masquent des tranchées, défendues en avant par des défenses accessoires formidables. Des canons, des obusiers, des minenwerfer sont placés aux points intéressants. Les maisons sont percées et reliées les unes aux autres soit par des boyaux, soit par des cheminements défilés. De distance en distance se trouvent des caisses de grenades et de pétards, régulièrement réparties le long des tranchées ou des boyaux." Une note de l'état-major du 3e corps d'armée, datée du 24 juin, trouvée dans les rapports d'opérations du 3e bureau, complète cette description en indiquant qu'à l'intérieur de Neuville-Saint-Vaast, dont la rue principale était doublée par une voie ferrée de 0,60 m, les Allemands avaient organisé un fortin doté de plusieurs abris, dont un creusé à 3 m au-dessous du sol. Un grand nombre de caves de maisons individuelles étaient étayées, certaines étant pourvues d'un coffrage en planche. Elles étaient également équipées en plusieurs points d'emplacements pour mitrailleuses tirant par des soupiraux situés légèrement au-dessus du sol. Au rez-de-chaussée, ces caves étaient protégées par un matelas protecteur composé de matériaux de démolition, de sacs à terre, de madriers, et, parfois, d'un bétonnage. Certaines de ces cavités, occupées par une même unité ou un même service, étaient reliées entre elles.
C'est donc à l'assaut d'une forteresse bourrée de pièges et de chausses-trappes que le 36e RI s'élance le 26 mai au petit matin.

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