Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce titanesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
Comment consulter cette page ? Vous pouvez lire progressivement les messages, qui ne respectent pas un ordre chronologique (ils évoquent, par exemple, l'année 1915 ou 1914). Vous pouvez aussi avoir envie de vous attarder sur une année ou un secteur géographique : pour cela, cliquez dans la colonne à gauche dans la rubrique "Pages d'histoire du 36e" sur la période et le lieu qui vous intéressent. Tous les messages seront alors rassemblés pour vous selon l'ordre de publication.
Comment rentrer en contact ? Pour de plus amples renseignements sur ce site, ou me faire parvenir une copie de vos documents, vos souvenirs ou remarques, écrivez-moi. Mon adresse : jerome.verroust@gmail.com. Je vous souhaite une agréable lecture.

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19 mars 2012

La presse en revue, semaine 31

Suite de notre revue de presse sur l'actualité de la Grande Guerre pour les jours passés...

En France ● Période électorale oblige, l'hebdomadaire Marianne consacre un article, sous la plume de la directrice adjointe de la rédaction, à l'intérêt que quatre candidats aux présidentielles portent à l'histoire. ●  Nicolas Sarkozy s'est rendu mercredi 14 mars, en tant que président de la République, à la grande mosquée de Paris pour y rendre un hommage aux combattants musulmans morts pour la France pendant la Première guerre mondiale (1914-1918), rapporte La Croix.

Dans les régions ●  La Voix du Nord est revenu plusieurs fois, la semaine passée, sur la disparition de Jean Letaille (photo), historien à Bullecourt (Pas-de-Calais), qui a consacré sa vie à entretenir l'amitié franco-australienne. L'homme disparaît à quelques jours de l'ouverture de son musée (le 25 avril), qui retrace les combats ayant eu lieu autour de son village, d'avril à mai 1917, lors de la bataille d'Arras. ● Le petit musée d'Erquinghem (Nord) propose une exposition temporaire sur le révérend britannique David Railton, "le premier qui a eu l'idée de célébrer un soldat inconnu", selon La Voix du Nord. ●  Après les chutes de neige et les pluies qui ont suivi, les sapes de la Grande Guerre réapparaissent dans la campagne loossoise, (Nord). Un abri vient ainsi d'être redécouvert selon La Voix du Nord. ● Ce même quotidien revient sur la conférence du député Jean-Jacques Candelier, à Lewarde, pour la réhabilitation des «fusillés pour l'exemple» de la guerre 14 (voir RP n°30), "des hommes qui avaient eu le courage de dénoncer la barbarie et l'incompétence de leurs supérieurs", selon le député. ● A lire dans le magazine interactif Obiwi, un reportage qui explique comment des passionnés ont reconstitué dans le jardin d’un particulier une tranchée 1914-1918, à Mogeville (Meuse). ● Selon L'Union-L'Ardennais, les restes de deux soldats de la Grande Guerre ont été découverts dans le secteur de la Main de Massiges (Champagne), lors de travaux de réaménagement des tranchées par l'association en charge du site (avec diaporama). Aucune plaque d'identité n'a été découverte, mais les boutons des uniformes, ornés d'une ancre marine, prouveraient que ces hommes étaient des coloniaux. ● La Nouvelle République dresse le portrait de l'entreprise Classique Aéro Service, située à Orbigny (Indre-et-Loire), "la seule qui restaure en France des avions de collection en bois des années 1910, 20 et 30", dont certains datant de la Première Guerre mondiale.

Hors de France ● Environ 650 heures de films datant de la Première Guerre mondiale ou consacrées à cette période vont être numérisées et mises à disposition sur le portail internet www.europeanfilmgateway.eu ainsi que sur la librairie numérique européenne Europeana (www.europeana.eu), selon un communiqué du Deutsches Filminstitut. Le site internet du projet est d'ores et déjà en ligne : http://project.efg1914.eu/  ● Le site de l’International Society for First World War Studies, qui réunit dans son comité éditorial la plupart des grands historiens anglo-saxons de la Grande Guerre, vient d'ouvrir une nouvelle page bibliographique collaborative, qui emprunte à plusieurs sources. ●  Selon le site de la RTBF, une exposition historique, commémorant le centenaire de la déclaration de guerre d'août 1914 aura lieu à Liège, au Grand Curtius, en 2014. Elle sera orientée, entre autres, sur la résistance de Liège et l'occupation de la ville de Louvain en août 14.

Dans l'agenda...  ●  A voir, à l'occasion du 94e anniversaire du commandement unique à Doullens, deux expositions jusqu'au 1er avril : "Carnets intimes d'un poilu 14-18", " Reconstitution d'un poste de secours" et "Les soldats inconnus de la Grande Guerre, vus par des enfants de CM2" au Musée Lombart-Chapelle de Louvencourt ; "L'après-guerre : gueules cassées, société civile et militaire, décorations et monuments aux morts du doullennais" dans la salle du Commandement unique, hôtel de ville de Doullens. Avec, en outre, des visites gratuites, des conférences. Programme à télécharger ici.
A voir, à lire et à écouter...  ● Le n° 266 de la Revue Historique des armées vient de paraître. Consacrée aux relations militaires entre la France et le Canada, elle contient un article sur le 22e bataillon canadien-français, qui combattit dans les tranchées de France et de Belgique, de 1915 à 1918. ● A lire également, sur le site Lisa revues, un article sur "George Desvallières et la Grande Guerre" (voir RP n°7). ● A voir, à Nantes, à la galerie MélanieRio, selon le site Paris-Art, une exposition photographique consacrée au "Dark tourism", qui montre "l'ambigüité de l'engouement pour le tourisme de guerre ou le tourisme mémoriel". ● A lire sur le site Sources de la Grande Guerre, le premier volet d'un "billet-feuilleton" sur le programme Europeana 1914-1918 et sa genèse. A noter que l'intégralité d'une journée d'information (qui a eu lieu le 16 décembre dernier), ayant trait à cette initiative, avec les présentations des communications, articles et parcours des intervenants, a été mise en ligne récemment sur le site de la BnF. ●  A lire, sur le site Auracan, une interview de Romain Hugault à l'occasion de la parution de sa BD, parue récemment, Le Pilote de l’Edelweiss. ●  Sur le site Ceux de 14, Michel Merckel présente son livre 14-18 : le sport sort des tranchées (éd. Le pas d’oiseau, 20 €) où il explique comment la Première Guerre mondiale "a servi de tremplin au sport moderne français et en a favorisé la diffusion". L'ouvrage est préfacé par l'ancien athlète et secrétaire d’État à la jeunesse et aux sports Roger Bambuck.


Et vous, qu'avez-vous remarqué ces jours-ci ?

12 mars 2012

Verbatim martial

Ci-contre et ci-dessous : trois images tirées de l'adaptation cinématographique des Croix de bois, de Raymond Bernard (1931), qui reconstitue l'attaque du village de Neuville-Saint-Vaast. Selon Laurent Véray, dans son livre La Grande Guerre au cinéma, le tournage du film fut effectué sur le champ de bataille lui-même, en Champagne, aux abords du fort de la Pompelle, où le sol était resté comme en 1918. Les séquences dans le village furent réalisées dans un décor, reconstitué par le directeur artistique Jean Perrier.

Dans la production testimoniale autour du 36e régiment d'infanterie et son rôle à Neuville-Saint-Vaast, certains documents peuvent être lus avec circonspection. Tel le long rapport baptisé Extraits de quelques récits vécus des combats de Neuville-Saint-Vaast. Le document jauni, long de 19 pages, aujourd'hui conservé sous la cote 24N83 au Service historique de la défense, à Vincennes, rassemble, par compagnie, un certain nombre de témoignages des trois régiments de la 5e division d'infanterie, dont quelques-uns du régiment de Basse-Normandie (dont nous avons déjà donné des extraits ici et ). Signé par le général de division Charles Mangin, il  rassemble ce qu'a dénoncé, en son temps, l'écrivain Jean-Norton Cru dans son essai Témoins (1929) : "Optimisme irraisonné sur nos troupes et nos armes ; calomnie du courage de l'ennemi et rabaissement de sa force ; formes de style fausses et exagérées empruntées à la presse , qui dénaturent les faits et les sentiments du front ; mots pompeux et creux qu'on croirait réservé au chauvinisme de l'arrière". Il n'empêche qu'entre les lignes, on peut y retrouver un certain nombre d'informations sur les conditions des combats en juin dans le petit village d'Artois.

Tous les préparatifs de combats insistent ainsi sur la difficulté de leur mise en oeuvre. "Nous partons prendre nos positions sous un bombardement terrible, de plus l'eau commence à tomber, elle est accueillie d'abord avec joie, car elle rafraîchit, mais tout de suite elle devient gênante à l'excès dans les boyaux qu'il nous faut traverser, nous avons peine à avancer, nous marchons dans un dédale de sapes dont le fond par la pluie a été transformé en véritable cloaque." En outre, "le ravitaillement devient de plus en plus difficile en raison de la position avancée" et "les hommes meurent de soif".
A quelques heures de l'assaut, le dispositif se met en place. "C'est le lendemain matin que devait avoir lieu l'attaque générale (...) et le jour levant trouva les mitrailleurs occupés au minutieux nettoyage de leurs pièces. On poussa même les précautions jusqu'à enrouler les affûts et les pièces dans des toiles de tente afin que les observateurs ennemis ne puissent repérer les emplacements que les mitrailleurs allaient occuper dans leurs futures positions." Au réglage savant (l'attaque du 5 juin racontée par le 7e Cie du 129e RI "fut exécutée par vagues successives, 5 vagues de 60 hommes") succède une ruée incontrôlée, avec un mot d'ordre : "Pas de formation savante". Et pour cause : à certains endroits, les lignes se touchent pratiquement. ("En débouchant de la parallèle de départ, la première vague devait se précipiter sur une barricade construite en sacs de terre et située à 30 mètres de la parallèle".)
Les officiers s'élancent avec leurs hommes : "Le lieutenant (...) organise son attaque en faisant placer lui-même des sacs à terre en escalier pour permettre aux hommes de sortir plus promptement. (...) Puis il gravit le talus et sort de la tranchée le sabre haut : les hommes le suivent et disparaissent dans un nuage de fumée." L'usage demeure le même d'une unité à l'autre : "A 8h30 les compagnies étaient prêtes baïonnettes au canon, grenades à la main, et quand les officiers crièrent : "En avant" d'un coup de main, les parapets de sacs étaient renversés et tout le monde s'élançait vers les lignes ennemies." Invariablement, "la plupart sont fauchés, l'un d'eux revient le visage ensanglanté et tombe inanimé dans la tranchée. (...) Le lieutenant reste encore debout avec deux ou trois hommes, il marche droit vers la tranchée allemande, il la voit pleine de Boches, il décharge son revolver sur eux et excite ses hommes à jeter des bombes et des grenades." Puis, "quelques soldats sautent dans la tranchée et commencent le nettoyage à coups de grenades". "On se porte en avant (...) : vivement la compagnie progresse dans les boyaux, sautant par-dessus les barrages pour aller plus vite. En un moment toute la ligne a avancé, dépassant l'objectif donné. Vivement on s'installe, on fait des créneaux en vue d'une contre-attaque." 
La "musique des grenadiers" dans les Croix de Bois.
Outre les tranchées, dans les rues de Neuville-Saint-Vaast, les soldats doivent franchir des barricades. Avant l'assaut démarre "la musique des grenadiers : les grenadiers sont debout sur la brèche, ils lancent leurs produits avec dextérité, mais trouvant le fourbi gênant, au diable tout l'équipement... les cartouchières... le bidon... et certains d'entre eux se présentent en bras de chemise, manches retroussées jusqu'aux coudes." Puis les attaques par "vagues" du 5 juin se succèdent. Après la première vague,  "la 2e vague arrive alors à la rescousse et franchit la barricade (...) puis les 3e, 4e et 5e vagues, chacune tentant de dépasser l'autre. L'élan des hommes est tel (...), le dédale des cours, des sapes, des maisons est si compliqué que les vagues ne tardent pas à se disloquer et que l'action de chefs devient difficile à se faire sentir. (...) Bien que tous les soldats connaissent le but à atteindre, chacun d'entre eux s'emploie (...) à coopérer à l'action d'ensemble. Là un soldat prend le commandement de ses camarades et les fait fouiller une maison, là un sous-officier fait construire une barricade pour empêcher le retour offensif, etc." Le nettoyage peut alors commencer. "Au mur mitoyen avec les Allemands, et tout de suite à travers les créneaux et par-dessus les murs, elle commença à les harceler de grenades et de coups de fusils, visant tous ceux qu'on apercevait par les fentes des portes ou les fenêtres. Puis à l'aide de bombes incendiaires, on mit le feu à la charpente. Le lieutenant qui la commande, répartit ses hommes dans les maisons les plus proches et fait fouiller les caves, d'où partent les coups de feu. C'est alors, dans l'intérieur des maisons, la lutte au corps à corps, les grenades se lancent en pleine poitrine, les coups de feu partent à bout portant, les hommes ouvrent leur couteau et s'en servent." Quelquefois, le piège se referme sur les quelques soldats qui sont passés : "Quelques Boches à plat ventre, faisant les morts, nous laissent passer puis nous tirent dessus à bout portant." Pendant que certains font le coup de feu, d'autres entassent rapidement pierres, sacs, etc. dans le but d'édifier une barricade. "Elle fut vite terminée et tous alors se donnèrent le plaisir de descendre encore quelques Boches dont les corps servirent à finir leurs barricades car ils manquaient de matériaux." Puis la progression reprend...


10 mars 2012

La presse en revue, semaine 30

Après quelques jours de vacances, suite de notre revue de presse sur l'actualité de la Grande Guerre pour les jours passés...

En France ● C'est paru dans toute la presse et il n'y a pas lieu de renvoyer sur un titre en particulier ou une analyse : la loi fixant au 11 novembre de chaque année la commémoration de tous les morts pour la France a été publiée au Journal officiel du mercredi 29 février 2012. Il y est précisé que lorsque la mention "mort pour la France" a été portée sur l’acte de décès, l’inscription du nom du défunt sur le monument aux morts de sa commune de naissance ou de dernière domiciliation, ou sur une stèle placée dans l’environnement immédiat de ce monument est obligatoire. La demande d’inscription peut être faite auprès du maire de la commune ou à défaut par les autorités militaires, les élus nationaux et locaux, l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre par l’intermédiaire de ses services départementaux et les associations d’anciens combattants et patriotiques ayant intérêt à agir. ● Selon L'Est Républicain,  lors de la profanation de quatre caveaux  dans l’Ossuaire de Douaumont, le 8 mars dernier, des "crânes" et des "ossements" de combattants de 14-18 ont été nuitamment volés. Les cryptes rassemblaient des reliques des secteurs de Froideterre, Fleury, Cote 304 et Samogneux. Une enquête est en cours.

Dans les régions ● Selon Le Courrier Picard, en Haute-Picardie, "certains hôtels déjà complets pour le centenaire de 14-18". Sans surprise, ces réservations seraient effectuées par des Anglais. ● Le week-end dernier, Gérard Longuet, ministre de la Défense et des Anciens Combattants, présidait la cérémonie inaugurale des travaux de rénovation du monument ossuaire de la Haute Chevauchée en Argonne, rapporte L'Union. L'occasion d'évoquer la création d'un futur musée à ciel ouvert pour les cérémonies de 2015. ● Le 2 mars dernier, le député du Nord Jean-Jacques Candelier, à l'origine d'une  proposition de loi relative à la réhabilitation collective des fusillés pour l'exemple de la guerre de 1914-1918 a organisé une conférence sur ce sujet à Lewarde (Nord), qui a réuni une cinquantaine de personnes (voir RP 23). ● Le 9 mars dernier, dans le cadre du 14e Printemps des poètes et de l'autisme, grande cause nationale 2012, s'est tenu au musée de la Grande guerre du Pays de Meaux un concert de l'Ensemble Calliopée, sur le thème "L'Enfance face à la violence". Ce spectacle réunissait de jeunes autistes âgés de 14 à 20 ans sensibilisés à l'histoire de la Première Guerre mondiale. ● Selon La Voix du Nord, en prévision des festivités liées au centenaire de la première bataille pour Cambrai de novembre 1917, le 118 REM, régiment britannique, viendra à Flesquières (Nord) au grand complet, à l'occasion de cérémonies commémoratives autour du "tank" Deborah. ● L'Union du Cantal revient sur le travail de mémoire d'un retraité de l'Education nationale sur le régiment de réservistes, le 339e RI. ● La vie de Clémenceau "à partir de 1917 et de la Grande Guerre" sera bientôt portée à l'écran, selon le site Toutelatele. Le téléfilm sera réalisée par Olivier Guignard ("Un Village français", "1788... et demi...") et "le Tigre" sera incarné par Didier Bezace. ● A lire une interview de Kamel Mouellef, qui revient sur la genèse de la BD Le Jasmin et la Boue (éd. Tartamudo, 14 €) dans El Watan (voir RP spécial 11 novembre). Avec son travail, le co-auteur espère "contribuer à la transmission de la mémoire pour que la jeune génération s’approprie son histoire".

Hors de France ● Le coup d'envoi des "journées d'action" dans le cadre de l'opération Europeana 1914-1918 a débuté. Ces derniers jours, des opérations de collectes se sont déroulées à la Bibliothèque nationale de Luxembourg et au musée du Lancashire, au Royaume-Uni. Prochaines étapes : la bibliothèque nationale d'Irland (21 mars), et en Slovénie, à la bibliothèque France Bevk (28 mars). Rappelons que cette campagne a pour but de "contribuer à l’émergence d’une mémoire européenne" de la Grande Guerre. Elle s'adresse aux citoyens de dix pays qui ont la possibilité de partager leurs archives familiales, sous la forme d’objets et de témoignages, sur un portail Internet dédié à la Première guerre mondiale qui se focalisera sur les "histoires vécues" (pour plus d'informations télécharger ce dépliant). ● Aux Etats-Unis, une dépêche de Reuters US évoque la rivalité qui oppose Kansas City et Washington DC pour abriter un mémorial "national" de la Première Guerre mondiale (voir RP 28). ● Le réseau de recherche sur le patrimoine mondial et le tourisme (université de Mont Saint Vincent, Halifax, Canada) lance une enquête internationale sur Internet sur les perceptions et les représentations de la Première Guerre mondiale, les valeurs attribuées au patrimoine et aux lieux de mémoire, et les liens entre patrimoine de la Grande Guerre et tourisme. ● Selon une dépêche Associated Press, le ministre polonais de la Défense aurait décoré un vétéran de 112 ans qui se serait battu dans les unités de cavalerie polonaises de la Première Guerre mondiale.

Dans l'agenda...  ●  La Société des Lettres de Bar-le-Duc organise le jeudi 15 mars une conférence sur "Pétain et Verdun : de la réalité au mythe", animée par Jean-Pierre Harbulot (Université Henri Poincaré à Nancy). ● Les 22 et 23 mars prochain, colloque "Sur les chemins de la Grande Guerre" au théâtre du Familistère de Guise. Selon son dossier de presse "ce colloque international réunit des chercheurs d’horizons divers autour de l’étude des déplacements, depuis la logistique militaire et l’expérience combattante de la marche jusqu’aux itinéraires, pendant et après-guerre, des civils et aux traces de ceux-ci dans les collections muséales." ● L'exposition "Missing of the Somme" (du 19 avril au 25 novembre, à l'Historial de Péronne) dévoile son programme dans un communiqué : "A travers le parcours de plus de 150 soldats britanniques, l'exposition «The Missing of the Somme» explore le destin de ces hommes qui ont profondément marqué la société britannique, dont le souvenir continue à être vivant, encore aujourd'hui. L'exposition présente l'incroyable travail de Pam et Ken Linge, qui ont réuni 8 000 portraits sur 73 000 noms inscrits sur le Mémorial de Thiepval. Aussi, les thèmes du deuil et du souvenir sont abordés avec les lieux de commémorations, la construction de cimetières, le travail de la Commonwealth War Graves Commission (CWGC) et le témoignage des familles de soldats disparus. Enfin, l'exposition traite du tourisme de mémoire comme prolongement du pèlerinage des familles après-guerre." (voir RP 20).
A voir, à lire et à écouter...  ● A lire Deux guerres totales 1914-1918 1939-1945 : La mobilisation de la nation, de Dominique Barjot, éd. Economica, 35 €. Selon sa présentation, ce livre "décrit la mobilisation des hommes dans la Grande Guerre, le fanatisme technologique de la guerre moderne et la mobilisation économique de l'arrière". ● A lire la BD Pour un peu de bonheur, de Laurent Galandon et A. Dan, Bamboo, 13,90 € qui évoque le retour des gueules cassées chez eux après la guerre (lire une interview de l'auteur sur le site ToutenBD).

Et vous, qu'avez-vous remarqué ces jours-ci ?

27 févr. 2012

La presse en revue, semaine 29

Suite de notre revue de presse sur l'actualité de la Grande Guerre pour les jours passés...

Dans les régions ● Des tombes sont vandalisées depuis plusieurs semaines au cimetière militaire allemand de Lambersart, dans le Nord (59), selon La Voix du Nord. ● A Notre-Dame-de-Lorette, un historien local, ancien combattant et garde d'honneur questionne, dans La Voix du Nord, le projet d'aménagement de la nécropole qui prévoit notamment la construction d'un mémorial qui portera les noms de 600 000 victimes de la Grande Guerre, tous pays confondus, tombés sur les champs de bataille de la région (voir RP 16). ● Comment éliminer les bombes toxiques laissées par les deux conflits et que recrache régulièrement le sol ? Au camp militaire de Suippes une solution inédite est poursuivie et sera doublée, en 2016, par la création d'un nouveau site d'élimination, selon Le Figaro du 22/02. ● Selon L'Alsace, une plaque commémorative a été posée sur la tombe de Pierre Mestre (et non Philippe comme le mentionne l'article), le soldat fusillé en 1915 et inhumé dans le cimetière communal de Husseren-Wesserling (Haut-Rhin) (voir RP 27). ●  A Paris, une stèle en mémoire des combattants musulmans tombés pendant la guerre de 1914-18 va être érigée à la Grande mosquée de Paris début mars, a indiqué au Nouvel Observateur le recteur Dalil Boubakeur. Elle sera le premier élément d’un mémorial plus vaste, en l'honneur des musulmans morts lors des deux conflits mondiaux.

Hors de France ● Aux Etats-Unis, le musée de la Première Guerre mondiale de Kansas City a enregistré, selon le portail KansasCity.com, une hausse de fréquentation de près de 10 000 visiteurs en un an, une augmentation qui résulterait, entre autres, du film Cheval de guerre ou de la série "Downtown Abbey" (en anglais). ● De même, à Londres, rapporte The Telegraph, l'Imperial War Museum va fermer ses portes pour six mois et revoir sa muséographie en l'axant davantage sur la Première Guerre mondiale pour tenir compte d'une demande croissante du public (en anglais, photo). ● Geert Bourgeois, ministre flamand du Tourisme, a présenté le projet des commémorations destinées à marquer le centenaire de la première Guerre mondiale, un plan en 109 mesures, selon La Libre Belgique. Rappelons que le gouvernement wallon a également engagé des réflexions visant à adopter un programme commémoratif pour 2014-2018 sous le regard d’un coordinateur fédéral, Jan Breyne.

Dans l'agenda... Le Centre de recherches d’histoire nord-américaine de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne reçoit du 5 au 29 mars le professeur Jennifer D. Keene de l’université Chapman (Orange, Californie) qui animera quatre séances de séminaire (M2) et prononcera une conférence (en anglais) sur l'engagement des Etats-Unis à la Première Guerre.
A voir, à lire et à écouter... Denis Rolland poursuit sa présentation de son dernier livre consacré à Nivelle dans une interview à L'Union-L'Ardennais le 25 février dernier (voir RP 28)

Et vous, qu'avez-vous remarqué ces jours-ci ?

21 févr. 2012

La presse en revue, semaine 28

Ci-contre : Sorti pour la première fois en France en 1937, le plus populaire des films de Jean Renoir ressort en salles dans une version restaurée inédite. En voici sa bande annonce.
Suite de notre revue de presse sur l'actualité de la Grande Guerre pour les jours passés...

En France ● Le Parlement a adopté définitivement la loi instaurant le 11 novembre, jour de l'armistice de 1918, comme une journée "en hommage à tous les morts pour la France", rapporte Le Parisien. ● Durant la Première Guerre mondiale, Adolf Hitler, alors caporal dans l'armée allemande, aurait eu une liaison avec une jeune Française âgée de 16 ans, Charlotte Lobjoie, rencontrée près de Lille, raconte l'hebdomadaire Le Point cette semaine. Une histoire "déjà connue" et qui aurait été balayée par un test ADN en 2008, selon Marianne2. ● Dans les colonnes du Républicain Lorrain, Arsène Lux persiste sur la "panthéonisation" de Maurice Genevoix (voir RP 26) à l'occasion de centenaire : "Je n’ai rien contre Genevoix, mais j’estime que mettre en avant un homme, fût-il grand écrivain, est contre-indiqué. Ce qu’il convient de célébrer, c’est la masse, le Poilu." La fille de l'écrivain, qui n'a pas demandé le transfert des cendres de son père, réagit : "Si quelqu’un mérite cet hommage là, c’est sans doute lui [son père, NDR], qui fut la voix de tous ces soldats, les morts et les survivants."

Dans les régions  ● L’assemblée départementale du conseil général de l’Aisne a débloqué une enveloppe de près de dix millions d’euros pour le secteur du Chemin des Dames en prévision du centenaire, selon le blog L'Histoire en Rafale. De nombreux projets sont d'ores et déjà à l'étude, comme un observatoire sur le plateau de Californie (voir RP 21), ou le réaménagement et l’extension de la Caverne du Dragon "avec l’objectif d’en faire un vrai musée labellisé Musée de France". ● La ville de Sedan vient de décider d'autoriser la destruction d'un monument aux morts allemands construit pendant la Première Guerre mondiale dans le cimetière Saint-Charles. Des universitaires français, des chercheurs européens et nord-américains et des enseignants du secondaire dont des Ardennais et des Marnais ont envoyé une lettre ouverte au maire de Sedan pour que soit préservé l'édifice, selon le blog L'Histoire en rafale. Alentours, il n'est pas rare de découvrir encore aujourd'hui d'autres vestiges de monuments funéraires, selon L'Union. ● Comment la Marne va-t-elle participer au centenaire de la Guerre ? Le département mûrit son projet "pour en garantir la pérennité au-delà de 2018", selon L'Union. ● A 900 jours avant le début du centenaire de la Grande Guerre 2014-2018, Serge Barcellini, directeur de la mission Histoire du conseil général de la Meuse, milite dans la newsletter du site Verdun Meuse pour que projet d’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco des paysages et sites de mémoire de la Grande Guerre ne soit pas qu'un feu d'artifice sans lendemain. "Il est impératif de faire rentrer cette page de l’histoire universelle dans le tourisme mondial (...) sans réduire cette inscription à une mercantile ambition touristique". ● Interrogé par Radio Prague à propos de l'exposition au mémorial de Verdun sur le général Pellé (voir RP 26), Jean-Noël Grandhomme, professeur à l’Université de Strasbourg décrit un homme "encore méconnu" en France mais qui fut "clairvoyant".  ● Dans les Vosges et le Haut-Rhin, 2,5 millions d’euros seront mobilisés pour valoriser douze sites de la Grande Guerre, rapporte le site L'Alsace. Le journal rapporte ainsi les propos d'Éric Straumann, député de Colmar, pour qui les différents sites payants liés aux guerres de 1870, 14-18 et 39-45 ont accueilli, en 2011 quelque 405 000 visiteurs. ● Qui entretient les tombes des soldats tombés "morts pour la France" ? A Castres, selon le site de La Dépêche, le Souvenir Français manque de volontaires. ● C'est à partir d'un négatif unique conservé à la cinémathèque de Toulouse que vient d'être réalisée une restauration numérique du film La Grande Illusion (photo), raconte La Dépêche. ● Avant de devenir maréchal, Philippe Pétain fut lieutenant-colonel du 118e régiment d'infanterie à la caserne de Quimper où il était "peu apprécié" selon Le Télégramme.

Hors de France ●  Selon The Telegraph, près de 17 organisations oeuvrant dans le domaine du patrimoine culturel viennent de rejoindre un groupe pour la sauvegarde des monuments aux morts datant de la Première Guerre mondiale, sous l'impulsion de L'Heritage Lottery Fund, le fond financier de la loterie nationale anglaise. La première réunion de cette "task force" aura lieu en mars (en anglais, voir RP 19, 15).  ● En Grande-Bretagne, pour le centenaire de 2014, plusieurs expositions sont en préparation par de nombreux musées réunis en réseau, comme à Nottingham Castle, rapporte le portail My Nottingham News  (en anglais). ● "Comment l'Allemagne a perdu la Première Guerre mondiale ?" Un historien militaire anglais, Saul David, montre dans un volet de l'émission de la BBC Four, "Bullets, Boots and Bandages : How to Really Win at War ?" comment elle fut perdue dans les usines (en anglais). ● Dans The Guardian, l'écrivain anglais Jonathan Croll redécouvre la vie d'un père peu connu, l'acteur anglais John Stuart, ancienne star du cinéma muet, qui fut engagé dans la Première Guerre mondiale (en anglais). ● Aux Etats-Unis, où honorer les soldats de la Première Guerre mondiale ? Le congrès américain hésite entre la ville de Wahington et Kansas City, selon le portain STLToday  (en anglais). ● Le 3 février dernier, les restes d'un soldat néo-zélandais tué durant la Grande Guerre ont été ré-inhumés au Messines Ridge British Cemetery, près d'Ypres, selon le blog Mémoire du Centenaire 14-18 en Picardie, qui montre plusieurs photos de la cérémonie.


A voir, à lire et à écouter... ●  Le numéro 5 du mensuel Guerres & Histoire (5,95 €) est sorti avec un dossier de 13 pages consacrées à l'armée française de 1918, rédigées par l'historien Michal Goya. ● A lire, une présentation du livre de Denis Rolland, Nivelle, l'inconnu du Chemin des Dames (éd. Imago, 21 €, à paraître ce mois-ci)accompagné d'une courte interview sur le blog de l'officier-historien Rémy Porte Guerres et Conflits. ● A revoir le documentaire "Nom de code : poilus d'Alaska", diffusé sur Arte la semaine dernière

Et vous, qu'avez-vous remarqué ces jours-ci ?

16 févr. 2012

Les hommes de Chassery


Il y a quelques semaines, Hervé Bouché, petit-fils du chef de bataillon Georges Chassery, nous a adressé copie d'archives photographiques de son aïeul. Dans celles-ci figure cette photo, prise le 10 novemebre 1914. On y voit Georges Chassery (assis, au centre), entouré de quelques visages qui formeront le 3e bataillon du 36e RI.
De gauche à droite, deuxième rang : Sous-lieut. Ménissier (10e Cie), Sous-Lieut. Neufville (9e Cie), Lieut. Masse, Sous-lieut. Guillonet (11e Cie), Sous-lieut. Rousseau (9e Cie), docteur Montjouer, Sous-lieut. Girard (debout, en uniforme sombre, derrière Chassery, 9 Cie), Sous-lieut. Cabouat (9e Cie), docteur Billot, lieutenant Baillet (12e Cie), Sous-lieut Hérissy (12e Cie). Assis : cap. Lucien (assis, à gauche, 10e Cie), cap. Roy (11e Cie) avec sa légion d'honneur reçue le 24 octobre 1914, commandant Chassery, docteur Wavelet, lieut. Lagardette.