Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
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2 nov. 2007

La "guerre totale" en toile de fond

Il serait difficile de tourner la page du mois de septembre 1914 pour le 36e sans mentionner le bombardement de la ville et de la cathédrale de Reims. Jusqu'en décembre 1914, date à laquelle le régiment part pour les bois de Beaumarais, la destruction de l'agglomération par les Allemands a fait partie du "paysage" des hommes du 36, qui étaient stationnés à 5 km du centre-ville, entre la Neuvillette et Saint-Thierry.
Le marmitage démarre dès le 4 septembre, alors même que la bataille de la Marne n'est pas commencée (le 36e est alors à 45 km au sud de Reims, près de Fromentières). Pour cette seule journée, on compte plus de 49 tués et 130 blessés civils, et la grande galerie de peinture du musée est ravagée. Puis, pendant une semaine - la "semaine allemande" - Reims est occupée par les troupes du Kronprinz, et épargnée. Le 12 septembre, talonnées par les Français, les Allemands évacuent la ville tout en la maintenant sous le feu des forts de Brimont, du fort de Fresne, du fort de Witry-lès-Reims, de la vigie de Berru et du fort de Nogent-l'Abesse. Le 14 septembre, la canonnade reprend, parfois à coups d'obus incendiaires. Le 36e est alors bien occupé dans l'attaque de la Verrerie et du château de Brimont (à suivre bientôt) pour s'en émouvoir...
Dans le centre ville toutefois, les incendies ne tardent pas à apparaître. Les abords de la cathédrale sont particulièrement pilonnés. Le samedi 19 septembre, un obus enflamme les échafaudages qui encerclent la tour nord-ouest de l'édifice en réparation depuis 1913. En quelques heures, le feu gagne toute la "forêt", et se communique au toit. En fondant, le plomb embrase à son tour la paille qui a été disposée dans la nef, où a été regroupée une centaine de blessés allemands... Au soir, le brasier dégage d'énormes tourbillons de fumée jaune qui se voient à des kilomètres. Partout, des foyers nouveaux s'allument et des pâtés de maisons se consument. Le lendemain, le bombardement continue avec la même violence.
Ce "spectacle" de guerre totale, les soldats le contemplent du fond de leur tranchée. Pourtant, la destruction de la cathédrale est à peine mentionnée dans les témoignages, sinon d'écrivains ou d'intellectuels. Dans les lettres, on trouve tout au plus quelques allusions. Il ne faut pas en conclure pour autant à une forme d'indifférence. Lors de ces journées, les soldats s'enterrent et se protègent tant bien que mal du feu de l'ennemi. En témoigne le Journal de marche et d'opérations du 36e. Du 19 au 24 septembre, celui-ci mentionne laconiquement que le régiment adopte "une formation diluée pendant le jour pour échapper au feu de l'artillerie ennemie qui bombarde Saint-Thierry, Merfy et ses environs." Les jours suivants, le 36e relève le 39e. Et la 11e compagnie est chargée d'aller déblayer la route nationale où les Allemands se sont établis. Pendant ce temps, le bombardement de Reims continue... Au 1er novembre, le nombre des habitants tués par les obus est déjà de 282.

A lire également sur cet épisode, le témoignage de Jules Champin, soldat du 36e, et un extrait des mémoires, écrites après la Grande Guerre, de Paul Hess, fonctionnaire au Mont-de-piété de Reims, publiées dans le livre : "La vie à Reims pendant la Guerre de 1914/1918", sur le site de l'association "La cavalerie dans la bataille de la Marne". (Photos DR)

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