Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
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7 juin 2009

La mort au coin de la rue

En écho aux violentes journées dans Neuville-Saint-Vaast autour du 5-6 juin, voici un témoignage du 36e RI, trouvé dans un rapport au Service historique de la défense, qui rassemble quelques récits vécus à la 5e division d'infanterie. Il ne comporte ni mention de nom, ni indication de la compagnie ou de lieu, mais montre en peu de mots la férocité des combats (ci-contre, détail du monument aux morts de Neuville-Saint-Vaast)

"Le 5, j'étais de faction dans un couloir d'une maison presque toute en ruine. Pendant un bon moment, moi ainsi que plusieurs camarades qui étaient dans une tranchée un peu à ma gauche, nous avons été crapouillotés de droite, de gauche, devant et derrière, que l'on ne se voyait pas dans la fumée et la poussière. Après cette scène terrible, nous avons été tranquilles une partie de la nuit. Le 6
, vers sept heures du matin, mon caporal et moi nous étions à la même place que j'occupais la veille lorsqu'un moment arrive que voyons-nous ? Des boches qui filaient l'un derrière l'autre, sans se faire de bile... Aussitôt mon caporal tire, en descend un ; moi, je prends sa place et là je vois un boche qui venait emportant dans une toile un autre boche je pense ; je tire, il tombe. Il veut se relever, mais la deuxième fois il reste sur le carreau. Un autre vient : le même sort. Un 3e vient aussi pour tâcher d'enlever ses camarades mais il reste aussi sur place et j'étais content de ma besogne. Après, ils ont fait une barricade en avant de ceux qui étaient restés avec des planches, de façon que je ne pouvais plus les voir voyager. C'était malheureux, car je crois que j'en ai descendu encore d'autres. Voilà ce que je peux raconter sur cette prise de Neuville-Saint-Vaast."

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