Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
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5 janv. 2012

En Artois, la mort prend du gallon (II)

Promenons-nous à Neuville-Saint-Vaast, pendant que la guerre y est pas... Pour démarrer, passons la sculpture monumentale du Flambeau de la paix, en bordure de la route Arras-Béthune, qui ouvre sur l'ancien quartier de la "cité des mutilés". Difficile d'imaginer le paysage de ce front de juin 15 où l'on se tue à guichets fermés. Les positions françaises ne sont en effet accessibles que par quelques boyaux étroits, souvent éboulés, constamment embouteillés par le ravitaillement, les relèves, le reflux des blessés, etc. et soumis à des bombardements constants. Les hommes y sont en file d'attente avant d'accéder à la ligne de feu. Une fois arrivés, ils deviennent prisonniers de cet équarissoir à ciel ouvert.
Poursuivez dans la grande rue du Carlin, qui se courbe vers le monument aux morts. Il n'aura fallu que quelques jours, en cette fin de printemps 15, pour que le village de Neuville disparaisse dans les combats. La plupart des photos prises pendant l'été montrent des pans de murs dans un moutonnement de ruines hérissés de silhouettes d'arbres malingres. Tout se ressemble dans ce lieu au bout du monde. Plus loin, sur la gauche de la rue principale, le chemin de Gazois marque le front initial de la 5e DI jusqu'au 7 juin. Si vous remontez la rue du Canada, tournez dans la première rue sur votre gauche, rue Verte. Sur les cartes d'état-major, dessinées en juin 1915, le site marque la limite de secteur entre le 36e régiment d'infanterie et le régiment pour partie rouennais, le 39e RI, engagé alors dans l'attaque d'un fortin plus au sud. C'est ici que se déroule l'essentiel des combats que va mener le 36e régiment d'infanterie entre le 8 et le 10 juin 1915, dans cette rue vide, balayée par le vent des plaines d'Artois, au silence parfois troublée par un tracteur se rendant au champs. Plus loin dans la rue, sur la droite Verte, s'ouvre l'emplacement où fut capturé un canon de 77 par la 5e compagnie du sous-lieutenant Marcou, dont la prise fut par la suite disputée entre les deux régiments. Sans relation sur ce fait d'armes, relisons le JMO. "À 4 h 30, le lieutenant Marcou commandant la 5e compagnie se rendant compte qu'un mouvement inaccoutumé se produisait chez l'ennemi donna l'ordre à l'un de ses chefs de section - le sous-lieutenant Tenot - d'essayer de percer et en cas de réussite de s'engager à fond. Le sous-lieutenant Tenot exécuta l'ordre reçu et perça la ligne allemande. Le lieutenant Marcou renforça immédiatement la section Tenot avec le reste de sa compagnie et se fit suivre en outre par les première et deuxième compagnies." C'est donc un coup de main qui décide de l'hécatombe qui se terminera vers le nord du village, au niveau de l'actuel chemin d'Angres, lorsque les Allemands seront repoussés du village deux jours plus tard. Une attaque improvisée qui, à l'inverse des attaques organisées du 1er et du 5 juin, fera la différence...
(A suivre...)

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