Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
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5 déc. 2010

Le baroud d'honneur de Jèze

Charles Jèze (Illustration : Renaud Merlan)
Le 1er avril 1915, en fin de journée, le lientenant-colonel Jèze, désigné au commandement du 36e RI, rejoint le régiment dans les bois de Beaumarais. Il vient y remplacer le colonel Bernard, parti deux jours plus tôt au commandement de la 103e brigade d'infanterie. Qui est cet homme dont le nom est encore aujourd'hui associé aux mouvements de "mutineries", que va connaître l'unité fin mai 1917 ?
Nous en savons un peu plus sur lui grâce à son dossier militaire, conservé aujourd'hui au fort de Vincennes. Charles Jean Jacques Adolphe Jèze naît le 8 avril 1864, sous le Second Empire, à Toulouse. Son père est drapier, mais connaît des revers de fortune. A 21 ans, Charles s'engage pour cinq ans, et présente l'école spéciale militaire en 1886 avec demande de bourse avec trousseau. Il sera reçu à Saint-Cyr deux ans plus tard, et sortira avec le rang n°5 sur 406. Yeux "châtains", visage "ovale", il mesure 1,69 m et présente "une constitution physique faible" nous dit son livret militaire. Vers la même époque, Charles Jèze rencontre Marie-Louise Sabathier, née dans le Gers, dont le père est cultivateur. Ensemble, ils ont un fils, Charles Guillaume, qui naît en 1898.
Trois ans sous lieutenant, cinq ans lieutenant, quinze ans capitaine… En 1908, Charles Jèze, alors sous-officier, est décrit sur son feuillet individuel de campagne comme "intelligent, calme, instruit, et très bon administrateur". En 1911, il obtient enfin un poste de chef de bataillon au 92e RI, puis passe au 1er régiment de zouaves. La guerre le trouve chef d'état-major de la 38e division, au commandemant du territoire d'Ain-Sefra, en Algérie. Il démarre la guerre au 9e corps d'armée en Yser, où il est nommé lieutenant-colonel du 135 RI, le régiment d'Angers.
A l'hiver, il rejoint les Normands du régiment de Caen. Sous ses ordres, l'unité gagnera sa première citation lors de son engagement à Neuville-Saint-Vaast. Jèze y glanera, au passage, une rosette d'officier de la légion d'honneur. En 1916, le commandant de brigade, Viennot le décrit comme "un chef de corps ferme énergique possédant un grand sens tactique". Autant d'appréciations qui, ajouté à un brillant état de service, viendront alléger les charges qui vont peser sur lui lors des "incidents" de mai 1917, mais ne pourront empêcher l'homme d'être placé en réserve de commandement par Franchet d'Esperey. Affecté à l'été 1917 à l'état-major de la 15e région, à Marseille, il passe ensuite à celui de la 4e région, début 1918. Cette sombre période coïncidera avec la disparition de son fils, jeune aspirant du 358e RI, tué au feu au camp des Romains. Brisé, Jèze poursuit néanmoins son commandement au 232e RIT, puis, après la fin de la guerre, au 12 régiment de chasseurs polonais. Mais en 1922, l'homme est atteint par la limite d'âge pour faire valoir ses droits à une pension. Retiré des contrôles, il sera définitivement rayé des cadres le 17 avril 1927.

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