Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
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18 mai 2008

Derrière les remparts du château

Sur les conditions de vie à la caserne du château, un autre témoignage, découvert ici, nous est donné par M. Rouxel, président du 36e régiment d’infanterie.

"Les derniers jours de la caserne du château (...). Jusqu'à la réorganisation, intervenue à la fin du siècle dernier ou au début de celui-ci, en tout cas, avant que je sois incorporé, le 36e RI permutait tous les deux ans avec le 5e RI. Lorsque le 36e était à Caen, le 5e était à Paris et, inversement, quand le 5e était à Caen, le 36e était à Paris. Plus exactement, les deux bataillons du 36e (ou du 5e) étaient à Caen, le troisième étant à Falaise. Je n'ai pas connu ça. Lorsque j'arrivai du Havre, en 1902 avec 250 camarades du même recrutement, le 36e RI était déjà devenu le régiment caennais par excellence, les trois bataillons (environ 1500 hommes) étaient répartis entre les casernes Hamelin (à l'emplacement de la promenade Sévigné), la caserne Lefebvre (château), le quartier de Lorge (où s'est replié, depuis la guerre, l'état-major de la subdivision) et la caserne de la Maladrerie (aujourd'hui désaffectée)
"Personnellement, j'ai d'abord été logé au quartier Lorge (les chambres étaient dans les écuries de la remonte), puis à la caserne Hamelin.
"La mise en service du casernement qui va disparaître modifia tout ceci.
"Le premier et le second bataillon montèrent au château, le troisième restant à la caserne Hamelin.
"Par la suite l'état-major du Régiment (qu'il ne faut pas confondre avec celui de la division, logé à l'angle de la rue Saint-Jean et de la place du 36e RI) nous rejoignit. Si cela vous amuse, je puis encore vous préciser que le bâtiment condamné à mort abritait les deuxième, troisième et quatrième compagnies du premier bataillon, la première compagnie (capitaine Lohmer) à laquelle j'appartenais, partageait avec le deuxième bataillon le grand bâtiment situé le long des fossés, face à l'université.
"Le troisième côté du carré où les recrues faisaient leurs classes (on vient d'y mettre à jour les ruines du donjon) était formé d'une série de bâtiments. Les cuisines et leurs réserves étaient au bout. On voyait à la suite les écuries, puis l'Echiquier et ses dépendances.
"L'Echiquier, au rez-de-chaussée, servait de remise aux attelages du Régiment. Au-dessus, nous disposions d'une salle de réunion où nous pouvions donner des représentations théâtrales. On y avait également aménagé un bar à notre attention. Derrière, il y avait l'infirmerie.
"Le logis du gouverneur servait de mess. On y voyait aussi une bibliothèque et une salle de conférences.
"La chapelle [église Saint-Georges] n'était pas utilisée.
"Les bâtiments qui subsistent entre les deux portes fortifiées servaient à toutes sortes de fins. l'habillement en occupait l'essentiel. On voyait encore, dans le même coin, de nombreuses constructions qui ont disparu, notamment les bureaux du colonel, ceux du recrutement, l'armurerie et une foule de services...
"Les logements des remparts étaient également utilisés. les caves souterraines aussi. Le vin était entreposé dans la tour de la Reine Mathilde. J'ai de bonnes raisons de m'en souvenir, ayant été promu grâce à elle, sergent de la commissions des ordinaires. Le titre me fut en effet conféré le jour où le titulaire fut remercié pour avoir laissé ouverte la clef d'un fût dont il avait la garde... Des centaines de litres furent ainsi perdus... L'intendance prit mal la chose..."
(source : Paris-Normandie, 9 décembre 1958)

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