Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
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1 mai 2008

Les trois coups de Neuville-Saint-Vaast

Légende de la photo dans l’album de Fernand Le Bailly : "S/officiers 'grenadiers' du 36e. En route pour Neuville St Vaast. Près Mareuil. Mai 1915" (la croix indique Fernand Le Bailly).

Le 25 mai au matin les bataillons du 36e régiment d'infanterie sont embarqués en camions (photo) à Sus-Saint-Léger, dans le Pas-de-Calais, et déposés au bois d'Habarcq, à quinze kilomètres de là, où ils font une grande-halte toute la journée. Mais avec la fin d'après-midi, le départ est sifflé. La longue colonne repart dans la plaine et longe la rivière de la Scarpe jusqu'à Marœuil. "Les champs, raconte Jean Hugo, sont sillonnés de colonnes en marche." On voit à distance "les lances des dragons, (...) des bataillons d'infanterie où le bleu des capotes avait toutes les couleurs du ciel, du mauve au vert." Vers le nord, la canonnade menaçante grossit parfois sur le plateau.
Une division chasse l'autre... Le 25 mai marque en effet la relève par la 5e division de la 11e, "la divison de fer", bien éprouvée par les offensives du début du mois de mai dans le petit village de Neuville-Saint-Vaast. Dans l'après-midi, les colonels de la 10e brigade, à laquelle appartient le 36e, accompagnés de leurs chefs de bataillon et du commandant des compagnies de mitrailleuses viennent reconnaître leur nouveau secteur. Ils sont suivis du 2ème bataillon du 36e, qui arrête sa marche au hameau de la Targette (voir carte), les deux autres bataillons s'attardant à Marœuil pour la nuit.
Ils n'en repartent que le lendemain en fin de journée. A leur passage à proximité de la chaussé Brunehaut, le spectacle est déjà iréel : "La plaine était nue et noire, poursuit Hugo. On voyait au loin une ruine étrange semblable à une gerbe de colonnes de basalte : le mont Saint-Eloi. Tout à coup nous atteignîmes le bord du plateau : le champ de bataille apparut devant nous, à nos pieds, vaste abîme de nuit bleue où flambaient des incendies, où se croisaient des comètes multicolores. C'était si beau que ma peur s'envola." Le terrain devant Neuville-Saint-Vaast est balafré de tranchées et de croix de bois, reliquat des combats de la quinzaine passée. Les hommes du 36e s'enfoncent dans les boyaux de communication, où ils ne tardent pas à croiser les soldats de la 11e DI. Ont-ils l'opportunité de s'échanger quelques mots ? Ceux du 37e peuvent-ils seulement relater les attaques hallucinées du 9 au 12 mai, leur parler du "Labyrinthe", de la Maison Blanche, du cimetière, autant de lieux-dits que les "lignards" du 36e entendent pour la première fois ? Ils n'en ont pas le temps : à 2 heures du matin, un bombardement de minenwerfers s'abat sur le sud-ouest du village, où vient à peine d'arriver la 9ème compagnie du régiment normand. Il est suivi, 30 minutes plus tard, d'une attaque de "sept petites colonnes d'infanterie" allemandes, qui est repoussée Les trois coups de la bataille de Neuville viennent d'être frappés.

Pour lire plusieurs récits des attaques du 9 au 12 mai dans la presse de l'époque, rendez vous sur le site greatwardifferent.

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