Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
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17 févr. 2008

Sonate d'automne

"Lundi 19 octobre 1914. J'avais interrompu ma lettre hier pour essayer de me réchauffer en piochant un bout de tranchée : la nuit tombe rapidement en cette saison et par ce brouillard ; la plaine grise et nue, sous un ciel gris et glacé où se détachent les masses noirâtres de quelques meules ; les silhouettes misérables de fantassins amoncelant des levées de terre le long de la route - vous ne pouvez imaginer le sentiment de désolation qui se dégage de tout cela." (Etienne Tanty au 129e RI, "Les violettes des tranchées", éd. Italiques)

Sous un ciel lugubre d'automne, les tranchées se poursuivent dans la grande plaine de Courcy et sur les bords des Cavaliers, dont la rive gauche est désormais déboisée. Retranché à l'ouest de la nationale 44, le 36e régiment d'infanterie ne cesse de perfectionner son travail. Le travail avance vite : à peine ébauché, le boyau atteint déjà 1,20 m de profondeur, et permet le travail en journée, à l'abri des balles allemandes. L'ouvrage est rudimentaire, mais il est équipé : un réseau téléphonique est posé, qui relie un observateur caché dans une cheminée de la verrerie de la Neuvillette, en arrière des tranchées, au groupe d'artillerie. Des grillages en guide de pare-grenades sont posés sur la crête de feu en attendant mieux.
Sur le front du 129e, situé sur la gauche du régiment le long de la route goudronnée, l'on compte en revanche plus d'atermoiements... Les travaux de fortifications ne progressent pas, sinon à la faveur de la nuit qui tombe de plus en plus tôt. Et pour cause : le sol, composé de craie pure, est dur comme du béton. Même le brouillard matinal ne permet pas de faire avancer la tâche à l'abri des regards ennemis. Pour couronner le tout, le commandant de la 2ème compagnie se plaint d'être escarmouché en permanence par des patrouilles allemandes.
Les restes des combats du mois dernier, sous le fort de Brimont, hantent encore le terrain."Arbustes brisés, fils de fer, poutres, pierres, feuilles mortes, feuillées, papiers, débris de lettres et tous ces restants informes des champs de bataille, casque sans pointe près d'un képi déchiré, bouteillon défoncé, baïonnettes allemandes rouillées, manteau de uhlan en loques, couvert de boue, boîtes de conserve vides, une vieille botte, ec., gisent alentour pêle-mêle...", note le jeune soldat Etienne Tanty. Enfin, les bombardements allemands font des victimes. Le 26 octobre, une salve atteint des maisons de Merfy où cantonne le 1er bataillon du 129e faisant onze tués et huit blessés... Dans les jours qui suivent, les soldats ne parlent que de ce drame. Et pour ne rien arranger, le froid s'installe et le combustible manque de plus en plus....

Merci à Vincent Le Calvez, qui m'a indiqué le JMO de la 10e brigade, dans lequel j'ai pêché quelques anecdotes sur cette période. (Photo : DR)

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