Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
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13 nov. 2008

Etat de glace à Beaumarais

Photo : 93 ans plus tard, des tranchées sont encore visibles en lisière nord des bois de Beaumarais, photographiés ici en avril.

Bois de Beaumarais, janvier 1915. Les mauvaises nouvelles s'accumulent sur le bureau du colonel Bernard, commandant le 36e régiment d'infanterie. Les pluies incessantes, le froid et le vent forment un cocktail ravageur dans les tranchées, où l'eau monte de plus en plus. Les hommes pataugent dans l'eau nuit et jour et souffrent de gonflement des pieds, avec des lésions cutanées. Ils disent ne plus sentir leurs arpions, qui restent des jours dans leurs gangues de boue glacée. Ils n'ont plus conscience de la piqûre ni du contact. Les membres sont parfois douloureux et rendent la marche impossible. Un assez grand nombre d'alités sont déclarés dans les postes de secours, où l'on signale également de nombreux cas de courbatures fébriles, faisant craindre une épidémie de typhoïde. Pour endiguer cette épidémie, une infirmerie est créée à Concevreux, sur les bords du canal de l'Aisne, où les hommes fatigués, exemptés de tranchées pour quelques jours, pourront se reposer. Et pour éviter l'apparition de ce que les médecins appellent désormais des "gelures", 200 kg de vaseline sont distribués dans les régiments de la division.
Dans le même temps, les bombardements répétés apportent leurs lots de drames quotidiens. Et pour cause : les bois de Beaumarais demeurent constamment sous la surveillance des Allemands, juchés sur le plateau de Californie. Les feux que les Français allument dans les bois sont visibles à grande distance. Le 17 janvier, un pillonnage très vif des cuisines s'abat sur une corvée en route faisant trois tués et 4 blessés. Le 23, un officier de l'état-major en service géographique arrive même en automobile au poste de commandement du sous-secteur n°2 ! Son moteur faisant beaucoup de bruit éveille l'attention des Allemands qui ouvrent un feu d'artillerie assez intense.
Pour ne rien arranger, quelques jours plus tôt, le poste d'écoute de la meule de paille, enlevé par un coup de main mené par le lieutenant Osmond au début du mois, s'est replié sans combattre sous la menace d'une troupe ennemie forte de 60 hommes. Il a été récupéré quelques heures plus tard, mais Bernard casse le sergent qui commandait la meule, et ce dernier est affecté au 129e. Le commandant du 36e est furieux : ce sous-secteur du 36e à proximité du champ de la ferme du Temple, a été équipé récemment, en secret, de deux pièces de 75 en caponnières et d'un projecteur, à la corne nord-est du bois.

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