Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
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11 déc. 2008

Un 25 janvier aux tisons

(Photo, de gauche à droite : les premiers toits de Craonne, Craonnelle et l'église paroissiale Sainte-Benoîte, à côté de la nécropole,
à l'automne dernier. En arrière-plan, les bois de Beaumarais. Merci à Norbert Lhostis pour cette image)
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Le 25 janvier 1915, deux mois après le sauve-qui-peut dans la plaine de Courcy, une nouvelle panique touche les 1er et 3e bataillons du 36e régiment d'infanterie dans les tranchées de Beaumarais. L'affaire démarre à 14 heures, dans l'est du secteur de la division, alors que les Allemands dirigent un violent pilonnage des lignes françaises, doublé d'une fusillade intense du bois des Buttes et du mont Doyen. Progressivement, cette bourrasque de feu gagne l'emplacement du 36e. Tous les calibres y passent. Du 220 est même employé contre la batterie lourde de Pontavert. Trop court, elle tombe sur les abris de la compagnie territoriale, en réserve à proximité. A droite, la cannonade est intense, mais la plupart des obus tombent sur les anciennes cuisines abandonnées après le bombardement du 17 janvier.
Dans le régiment normand, c'est l'affolement. Une partie des compagnies de première ligne riposte, vraisemblablement sans raison. Le colonel Bernard note dans un compte rendu : "Coup sur coup je reçus de mon secteur de droite (1er bataillon), l'avis que les compagnies de 1ère ligne se trouvaient fortement attaquées, à plusieurs reprises elles subissaient de violentes attaques et tous me réclamaient des cartouches." L'officier, persuadé que les Allemands ne sont pas sortis de leurs tranchées, donne l'ordre formel de ne pas tirer un coup de fusil avant que l'ennemi ne soit parvenu à 100 m des défenses accessoires françaises. Mais la débandade enfle. L'artillerie lourde et les 75, côté français, dirigent un tir sur les pentes de Craonne, les lisières du bois de Chevreux, celles du bois des Boches... La pièce en caponnière, placée dans le plus grand secret à la corne est du bois, près de la ferme du Temple, et qui ne devait être agie que par surprise en cas d'attaque bien établie, se met à tirer à coups redoublés sur le petit bois Persan (aujourd'hui disparu). La fusillade continue ainsi jusqu'à 16h30 et le bombardement jusqu'à 17h00. Puis, il cesse comme il était venu...

Mise en ligne de décembre 1914 dans le blog du JMO du 36e.

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