Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
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22 nov. 2008

Prises de guerre

Photo : Carte postale envoyée par Jules Champin, photographié ici avec ses camarades, en 1913. Merci à Yann Thomas pour ce document inédit. 

Selon le Journal de marche et d'opération du 36e RI, les combats autour de Courgivaux se soldent par une perte de 160 hommes dont un officier pour le régiment. Après avoir traversé le petit village dévasté, l'unité entame sa marche en avant, et poursuit un ennemi qui ne manifeste aucune résistance. Le 7 septembre au soir, elle cantonne au Tréfols. Et poursuit, le lendemain, sa progression vers le nord, en obliquant vers Montmirail. C'est lors de ces deux journées que Jules Champin, soldat du 36, capture trois Allemands. Récit. "Le village (de Courgivaux, NDLC) est entièrement détruit. Quand nous le traversons c'est le général Mangin, accompagné de son ordonnance, un grand noir sénégalais nommé (Baba Koulibaly, NDLC) qui nous accueille et parlemente quelques instants avec notre commandant de compagnie le capitaine Wiart. Je crois comprendre qu'il trouve que nous n'avançons pas assez vite, car les boches déménagent en vitesse et en abandonnant à leur tour beaucoup de canon, des caissons de munitions etc., etc.. On ne leur donne même pas le temps d'enlever leurs morts. Car il reste beaucoup de cadavres sur le terrain. Je suis désigné pour partir en patrouille d'éclaireur avec 4 autres camarades. Nous sommes à une centaine de mètres les uns des autres quand tout à coup je me trouve en présence de 3 allemands qui étaient dans un cabanon, bien cachés, et qui se reposaient tranquillement, sûrement qu'il ne m'attendait pas la. Ils font le geste de vouloir prendre leur fusil mais je ne leur en donne pas le temps, car l'espace d'une seconde je les mettais en joue avec le mien et instinctivement ils lèvent les bras en l'air et me font signe "Kamarades". J'ai eu rudement chaud pendant quelques secondes, qui seront inscrites pour longtemps dans ma mémoire. Ils appartiennent au 31e régiment d'infanterie allemand. Je les fait abandonner leurs armes et munitions. Mais avant de les ramener dans nos lignes je fais signe au camarade qui était le plus près de moi sur ma gauche que je pars avec eux. Je ne sais pas pourquoi il me vient l'idée de leur réclamer leurs pattes d'épaules et plusieurs autres petits objets (que Champin, une fois blessé, gardera avec lui, NDLC) : bidon, clairon (fifre allemand) dont ils se servaient à Pont-à-Binson pour faire allonger leurs tirs d'artillerie. Je les conduis à ma section qui les prend en charge. Je reçois les félicitations de mon lieutenant Vivien qui est heureux de ma prise. Je vais rejoindre mes autres camarades et au bout d'un bon moment, nous arrivons dans une très grande ferme qui s'appelle la ferme de la Montagne (à côté du bois de Nogentel, NDLC) où nous faisons encore au moins plus de 250 prisonniers. Ce doit être ce qui leur servait de poste de secours, car il y en a qui sont parmi eux plus ou moins blessés, au moins cela ne sont pas difficiles à désarmer, et puis je ne suis plus tout seul cette fois, qu'est-ce que cela remet du baume dans le coeur, pour l'instant le moral est bon nous faisons la tous nos prisonniers, et nous allons faire une grande halte à proximité dans un grand bois. Ensuite nous repassons dans un petit pays où les habitants sont heureux de nous revoir. Le soir nous passons encore dans un autre petit village, mais ça va tellement vite que je ne puis noter les noms sur mon carnet. Le soir ma compagnie se déploie en ligne de tirailleurs, mais c'est un déluge, une pluie d'obus qui nous accueille, on est obligé de se retirer et je m'abrite bien derrière meule de paille à proximité. Nous profitons d'une accalmie pour repartir, et on nous dit que nous allons faire l'attaque de Montmirail." (Pour lire la suite du témoignage de Jules Champin, c'est ici)

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