Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
Comment consulter cette page ? Vous pouvez lire progressivement les messages, qui ne respectent pas un ordre chronologique (ils évoquent, par exemple, l'année 1915 ou 1914). Vous pouvez aussi avoir envie de vous attarder sur une année ou un secteur géographique : pour cela, cliquez dans la colonne à gauche dans la rubrique "Pages d'histoire du 36e" sur la période et le lieu qui vous intéressent. Tous les messages seront alors rassemblés pour vous selon l'ordre de publication.
Comment rentrer en contact ? Pour de plus amples renseignements sur ce site, ou me faire parvenir une copie de vos documents, vos souvenirs ou remarques, écrivez-moi. Mon adresse : jerome.verroust@gmail.com. Je vous souhaite une agréable lecture.

Avertissement : Si pour une raison quelconque, un ayant-droit d'une des personnes référencées sur ce site désire le retrait de la (les) photo(s) et des informations qui l'accompagnent, qu'il me contacte.

20 oct. 2007

"Brimont, grondant et fumant..." (suite et fin)

Un autre témoignage nous décrit plus longuement la région de Reims à la même époque : il s'agit de Marcel Dupont, au 7e chasseurs de Rouen. Dans son recueil de souvenirs En Campagne (Plon, 1915), il raconte son voyage à cheval jusqu'à la ville de Reims vers la fin septembre, pour retrouver l'appartement qu'il occupait à la mobilisation*.
Passées les colonnes de ravitaillement en viande de la 5e armée, stationnées en bordure de Vesle, à Jonchery ("une file interminable d'autobus chargés d'énormes quartiers de boeuf (...) Tout autour grouillent des territoriaux, manches troussées, mains et bras rouges jusqu'au coude"), il arrive vers Saint-Thierry et Merfy, (où) "notre artillerie fait entendre un roulement ininterrompu auquel vient, par rafales, s'ajouter le crépitement lointain de la fusillade." Son voyage continue dans un paysage défiguré.
"Nous voyons sur la route, à chaque pas, les traces des derniers combats, fils télégraphiques coupés et pendant lamentablement le long des poteaux, cadavres de chevaux horriblement gonflés, équipements abandonnés dans les fossés, tranchées esquissées à peine et tout de suite délaissées pour la marche en avant. Mais où nous sentons surtout l'angoissant et obsédant rappel à l'horreur du moment, c'est dans le tableau que nous offrent les environs de Reims à mesure que nous approchons du faubourg de Vesle. C'est, de toute la ville, le quartier qui a le moins souffert du bombardement et c'est là que se réfugient dans la journée la plupart des Rémois qui n'ont pas voulu abandonner complètement leurs foyers. A ceux-ci sont venus se joindre par milliers les malheureux habitants des villages champenois, dont l'ennemi a envahi les demeures. Ils sont là, par groupes, assis dans les fossés de la route ou au pied des meules qui leur ont servi de refuge pour la nuit. Près d'eux, quelques paquets de bardes et quelques ustensiles de cuisine. Ils regardent d'un œil morne les autos et les estafettes qui sillonnent la route sans relâche, et tout ce va-et-vient semble leur être indifférent. Il semble que leurs pensées vont ailleurs, plus loin, vers les maisons qu'ils ont laissées lorsqu'ils sont partis en hâte, sous les obus qui commençaient à éclater dans les petites rues de chez eux. Dans Reims, lors de ces premières journées de bombardement (qui durera tout au long de la guerre), le spectacle est encore plus lugubre et fantômatique. Les rues sont vides. Les quelques passants que l'on croise se hâtent en rasant les murs.
La rue de Vesle, cependant, a peu souffert en comparaison des quartiers du nord et de l'est. Mais les quelques projectiles qui y sont tombés en ont tellement ébranlé toutes les maisons que nombre de vitres ont été brisées et que nous avançons sur un véritable tapis de verre. De-ci de-là, quelques façades éventrées par les obus montrent l'intérieur navrant des appartements bouleversés, débris de meubles suspendus dans le vide, tableaux intacts accrochés aux murailles, cheminées encore garnies de la pendule, des candélabres et des photographies familiales." (Photo : DR)

* Si vous voulez lire le texte dans son intégralité, cliquez sur ce lien.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire