Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
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29 janv. 2008

Poussière d'empire

Hondschoote, Alger, Rome, Froeschwiller… En 1914, incorporer le 36e RI n'est pas si anodin pour des jeunes conscrits normands et parisiens, qui peuvent alors s'enorgueillir du prestigieux passé du régiment. La naissance de l'unité remonte en effet à presque trois siècles, sous le nom de régiment d'Anjou. Et celle-ci (qui n'a rien de normande à l'époque) ne reçoit son matricule qu'en 1791, conformément à la réforme militaire qui classe les régiments en fonction de leur rang d'ancienneté. Deux ans plus tard, elle se couvre de gloire lors des guerres de l'Empire.
A Hondschoote, la légende raconte que le capitaine d'Arnaud s'empare de 7 pièces de canon et fait prisonnier 500 anglais ! A Zurich, six ans plus tard, 160 soldats armés de lances, de piques, de pistolets et de sabres s'illustrent en plongeant dans une rivière pour aller semer le désordre dans les lignes autrichiennes. A Austerlitz, à Iéna, en Afrique du Nord, lors de l'Expédition de Rome… les exploits des "lignards" du 36e se multiplient. Jusqu'en 1870 où, placé dans l'armée du Rhin, le régiment fait sa reddition à Froeschwiller, non sans avoir réussi à sauver, dans des circonstances héroïques, le drapeau qui deviendra l'ornement de la salle d'honneur du régiment, dans la caserne Lefèvre, au château de Caen.
Avec la "ville aux cent clochers", les fiançailles interviennent tardivement*. En 1873-1874, des compagnies sont ainsi signalées dans les forts de Charenton, Ivry, Saint-Maur, le Mont-Valérien, vers Falaise et Caen. La seule localisation précise est la présence de deux compagnies à la caserne de Beaulieu, dans l'ouest de Caen. En 1875, elles sont rassemblées et stationnent à Falaise. Enfin, un an plus tard, elles sont affectées pour la première fois à Caen, où le régiment prend ses quartiers dans l'étroite caserne Hamelin et au château, dans une bâtiment édifié sur l'emplacement du donjon. Tous les trois ans, l'unité y cantonne en rotation avec le 5e RI, qui s'établit à Falaise. En 1901, ce roulement est interrompu et la ville échoit définitivement au 36e, où bon nombre d'officiers possèdent déjà leur logement au château et dans la cité. Cette même année, un second bâtiment de bataillon est construit, perpendiculaire au premier...

* Pour en savoir plus, lisez l'article de J.-M. Levesque consacré au casernement du 36e RI dans Mémoires du château de Caen, éd. Skira, 2000. Et pour découvrir l'historique du régiment et les hauts faits de l'époque napoléonienne, c'est ici (Photo DR).

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