Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
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26 mars 2008

Une Saint-sylvestre agitée

Dans le "no man's land" au pied de Craonne. La plaine qui sépare les bois de Beaumarais des bois de Chevreux fit l'objet de constantes patrouilles lors de l'hiver 1915. La ferme de la Renaissance n'existait pas. (Photo : merci à Manu sans qui cette image n'aurait pas été possible). Après leur arrivée dans les bois de Beaumarais en décembre 1914, peu d'événements affectent la vie du 36e régiment d'infanterie. Les travaux de renforcement des tranchées suivent leur cours. Les guets succèdent aux reconnaissances des positions de l'ennemi, saluées, la plupart du temps, par quelques coups de fusils. Mais avec Noël et le jour de l'an, cette routine est bousculée. Dans la soirée du 24 décembre, les patrouilles françaises notent ainsi des chants qui s'échappent des positions allemandes, "avec accompagnement de flûte et probablement de violons." Une semaine plus tard, lors de la nuit du 31 décembre, l'agitation est encore plus prononcée. Vers 23h30, une vive fusillade éclate sur le front, vers l'est de la forêt. La corne du bois du bois est attaqué par les Allemands qui sont "aisément repoussés par le feu". Plus à l'ouest, en direction du petit village de Craonnelle, des salves sont également tirés des tranchées adverses auxquelles les Français ne répondent pas. L'origine de cette soudaine nervosité ? Pour le colonel du 36e RI qui rapporte une rumeur "sans aucune certitude, les Anglais du 2e étranger (le régiment situé à gauche du 36e RI) seraient sortis de leurs tranchées et auraient chanté l'hymne anglais. Les Allemands auraient alors ouvert le feu en chantant l'hymne allemand". Le lendemain, une patrouille conduite par l'adjudant Bourreau, de la 2e compagnie, part inspecter le terrain entre les bois de Beaumarais et les bois de Chevreux (photo). Après s'être placé en poste d'écoute pendant deux heures, le groupe est repéré par l'ennemi qui lui tire "une douzaine de coups de feu". Bourreau est blessé et ne peut plus marcher. Il ne doit son salut qu'au jeune soldat Carton qui le prend dans ses bras et le ramène dans les lignes françaises, en même temps que la patrouille (pour lire une version plus héroïque de la patrouille de l'adjudant Bourreau dans l'historique du 36e RI, allez à cette adresse). Plus étrange est le cas de cette reconnaissance, conduite par l'adjudant Kuhn, de la 4e compagnie, vers 3 heures du matin, toujours le même soir. Celle-ci a pour mission "d'aller chercher un drapeau blanc, planté dans la plaine, à environ 400 ou 500 mètres des lignes." Dès sa sortie, la troupe est accueillie pas des coups de feu, raconte l'adjudant dans son rapport. "La fusillade devenant plus intense, et vu le temps peu favorable pour qu'il me soit permis de remplir ma mission", le sous-officier préfère retourner vers les lignes françaises. Le capitaine, au dos du rapport, note : "L'adjudant Kuhn a montré peu de mordant dans l'accomplissement de sa mission malgré des ordres formels connus de lui. La seule excuse est qu'en raison d'un clair de lune intense, il semblait éclairé presque comme en plein jour."

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