Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
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28 mars 2010

Brimont : un château en Espagne pour la 10e brigade (I)

Reconstruit à l'emplacement du précédent domaine, le château de Brimont apparaît
encore aujourd'hui enfoui dans sa cuvette au milieu des arbres.
 On ne fait pas la guerre avec des "Si..." Et pourtant, qu'il me soit permis ici de me poser une question. Si mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly n'avait pas été désigné pour jouer les flanc-gardes d'un assaut avorté le 14 septembre, aurait-il fait partie de ceux de sa compagnie qui, dans la nuit du 14 au 15, réussirent à se glisser au nez et la barbe des lignes ennemies pour aller occuper le château de Brimont ? Mon aïeul, comme nombre de ses camarades, aurait alors certainement été fait prisonnier. Car la demeure, bordée par un grand parc, se révéla être un véritable guêpier pour les deux bataillons de la 10e brigade qui s'y risquèrent. Un récit dactylographié adjoint au Journal de marche du régiment, sans doute rédigé par le capitaine Meunier de la 7e compagnie lors de sa captivité, nous en dit un peu plus long sur ces trois journées.

Le château de Brimont de 1914 vu du nord-est.
C'est par ce côté que l'attaque du château par les
Allemands, le 17 septembre, démarre. A gauche de la tour,
on devine le toit de la chapelle (Photo DR).

"Le 14 septembre 1914 au soir le 2e bataillon du 36e est de nouveau dans les bois de Soulains et attend de nouveaux ordres. Les hommes prennent quelques repos en attendant la distribution de vivres annoncée, mais le commandant Navel (que Fernand Le Bailly a vu, le 5 juin, lire l'appel de Joffre) donne l’ordre d’occuper le château de Brimont immédiatement mettant le bataillon en marche sans attendre le retour des corvées envoyées aux vivres. La 5e compagnie s’avance à droite parallèlement à la route conduisant au château. La 7e compagnie à gauche de cette route ; les deux autres compagnies (la 6e et la 8e) suivent. Les deux compagnies de tête contournent de chaque côté l’enclos formé par le château, son parc et la ferme. La 7e compagnie pénètre dans le château par une brèche faite dans la grille par le bombardement. La 5e compagnie par une porte de la ferme trouvée ouverte. Je me rencontre avec le capitaine Thil, commandant la 5e compagnie, au centre de l’enclos. Il fait une nuit profonde, impossible de rien voir. On entend seulement, tout près, l'ennemi qui abat des arbres.
Des petits postes sont placés en avant des bâtiments et je dispose le reste de la compagnie dans le parc, derrière le château. Pendant ce temps, les deux compagnies de queue ont pénétré dans le parc en se frayant une brèche dans la clôture.
La façade sud et la terrasse du château de Brimont, en 1914,
donnaient sur le parc (Photo DR).


Le jour va paraître, les patrouilles partent explorer les abords de la position, mais reviennent bientôt ayant rencontré les allemands qui se retranchent à la lisière du bois qui domine le château. Dès qu’il fait assez clair, le commandant Navel examine les abords de la position. Nous sommes dans un creux dominé par le bois de Brimont, dont nous sommes séparés par un glacis de 130 à 150 mètres de large dénudé et à pente assez raide. Sur la face de droite un mouvement de terrain distant d’à peu près 200 mètres nous masque la vue, à gauche des champs de betteraves nous séparent de la Verrerie que l’on n’aperçoit à environ un kilomètre et que nous croyons savoir occupé par le 129e régiment d’infanterie.
Face à l’ennemi, le château, des communs et des bâtiments de ferme offrent une ligne continue de murs. Il en est de même sur une grande partie de la face de droite composée de bâtiments de ferme et de murs du parc. Les deux autres face sont limitées par l’entourage en grille les grillages du parc. Pour le moment, elles n’auront besoin que d’être surveillées. Une aile du château est en ruines, quelques bâtiments de la ferme sont endommagés. Le bombardement a en outre tué une quantité de bestiaux qui commencent à se décomposer."

(A suivre...)

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