Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
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18 mars 2010

La course à l'amer

Photo : les toits du village de Courcy et, en arrière-plan et à mi-pente de la colline, le château de Brimont.
A droite, les premiers arbres des bois de Soulains, où trouva refuge le 36e RI du 13 au 17 septembre 1914.

A bien lire les documents conservés aujourd'hui au SHD, il est difficile, voire impossible, de réaliser le déluge de feu qui s'abat le long du canal de l'Aisne à la Marne, du 13 au 17 septembre 1914 – un épisode faisant partie de ce que les historiens désignent aujourd'hui comme la "course à la mer". Pendant quatre jours, les hommes vont se battre sous des bombardements constants, la plupart du temps dans des abris superficiels ou des tranchées hâtivement creusées pour se protéger. A cela va s'ajouter la crainte permanente, à tous les niveaux de la hiérarchie de la 5e division, d'être débordé ou encerclé par l'ennemi. Dans un rapport écrit peu de temps après ces combats, le capitaine Cabanel, commandant de la 12e compagnie du 129e RI, raconte comment du 16 septembre, en fin de journée, au 17 septembre, à 17h00, son unité, qui défendait le front est de la Verrerie de Courcy, avait été tenue en éveil constant pour éviter un "glissement" de l'ennemi, brûlé 2000 cartouches en quelques heures et avait perdu dans les tranchées qu'elle occupait 60 hommes morts ou blessés.
Le dimanche 13 septembre, comme le décrit le soldat Jules Champin, le 1er bataillon s'engage dans la plaine sous les tirs de l'artillerie ennemie dans une marche de flanc pénible. Il dépasse le moulin à vent de Courcy (aujourd'hui disparu, il était situé à droite du village) et oblique vers la droite. Une fois arrivé au pont du champ de courses (que l'on peut encore voir aujourd'hui), il se reconstitue et gagne le couvert des bois de Soulains de l'autre côté du canal. Il y trouve une protection relative contre les feux de l'ennemi.
Restent les deux autres bataillons du régiment... Ces derniers se portent, dans un premier temps, à l'ouest du village de Courcy puis reçoivent l'ordre de se déplacer vers le château de Brimont par les bois de Soulains. Là encore, leur marche s'effectue de flanc sous la menace de l'artillerie de campagne et des mitrailleuses allemandes. Celles-ci, établies à la ferme de l'Espérance (disparue aujourd'hui et qui était située sur l'actuelle D966), tirent heureusement trop court, et les pertes sont peu nombreuses. Toutefois la progression le long du cours d'eau est rendue difficile en raison de l'amoncellement des branches tombées des arbres et de l'enchevêtrement à terre des fils télégraphiques. Le bataillon arrive vers 20h30 au pont, à la nuit tombante. Il gagne la corne ouest des bois et s'y installe. Il est suivi par le 3e bataillon, qui s'arrête aux Cavaliers de Courcy et garde l'accès au pont. Dans la nuit, les deux batailllons tapies dans les bois sont épaulées par des Valenciennois du 127e RI. Les hommes ont ordre de poursuivre leur attaque sur le château de Brimont. Dans le sous-bois, la section de mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, à la 6e compagnie, est désignée comme flanc-garde de l'attaque du 2e bataillon…

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