Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
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5 sept. 2010

Paul Chevalier, nuits et cafard

Outre les témoignages de Jules Champin, de Jean Hugo, et les photos de Fernand Le Bailly, un nouveau témoignage écrit par un combattant du 36e régiment d'infanterie vient de nous parvenir. Il s'agit du journal, tenu de novembre 1914 à février 1917, par Paul Chevalier.
Paul, Henri, Emile Chevalier naît le 5 septembre 1885. Il démarre son service militaire le 5 octobre 1908 et reçoit, au 156e régiment d'infanterie, caserné à Toul, le certificat d'aptitude à l'emploi de chef de section dans la réserve, ce qui lui permet d'avoir le grade d'adjudant au début de la guerre. Rappelé le 30 juillet 1914 à la caserne située 7, place des Batignolles, à Paris, dans le 17e arrondissement, il est affecté au 36e régiment d'infanterie de Caen, où il effectue une grande partie de la guerre.
Il est promu sous-lieutenant de réserve à titre temporaire pour la durée de la guerre le 7 octobre 1915, alors que le régiment se trouve dans la Somme. Cette même année, son frère Henri  (le 23 septembre 1915) est tué à la main de Massiges. Pendant la guerre, Paul reçoit la médaille militaire et deux citations à l'ordre de l'armée et du corps d'armée, lors de l'offensive du 25 septembre 1915, en Artois, et lors de l'attaque de Douaumont, le 22 mai 1916. En première ligne, il est blessé le 13 juillet 1917 près d'Urvillers (Aisne) en recevant des éclats de grenade au bras gauche et dans le rein. Puis il quittera le régiment pour être nommé lieutenant au 508e régiment de chars de combat.
Après guerre Paul Chevalier travaille au comptoir d'escompte de Paris, et suit des périodes de formation comme officier de réserve. Il est élevé au grade de chevalier de la légion d'honneur en 1923, et sera nommé capitaine six ans plus tard pour être rayé des cadres de la réserve le 6 décembre 1934. Son petit-fils, qui demeure à Strasbourg, nous a fait parvenir plusieurs documents écrits de la main de Paul. Il s'agit de feuillets écrits au crayon de bois, à peine lisibles, de lettres, et de coupures de presse de l'époque où le 36e RI est évoqué. Ces papiers sont complétées de photos, prises vraisemblablement dans les bois de Beaumarais, à Verdun, et en mars 1916.
S'il fallait trouver un registre au manuscrit de Paul Chevalier, ce serait celui de la douleur. Immergé dans cette tuerie, le jeune homme de 29 ans en 1914, exempt de tout esprit revanchard, souffre de sa situation et de celle de ses camarades. Mais il sait être aussi un étonnant narrateur lorsqu'il rapporte les relèves effectuées en pleine nuit et le sombre quotidien du "poilu" dans la tranchée de première ligne.

La guerre du soldat Paul Chevalier (36e RI)
(A suivre...)

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