Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
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13 déc. 2009

Roger Couturier, la plume brisée (II)

Suite du billet sur Roger Couturier, entamé le 29 novembre dernier.

Après un voyage où il a l'occasion de lier connaissance avec le lieutenant Roland Engerand, Couturier rejoint son régiment d'affectation à Fismes, le 21 mai 1915, alors que le 36e RI est sur le point d'embarquer pour être jeté dans la grande offensive sur l'Artois. Le jeune garçon ne reste que quatorze heures dans la petite ville de l'Aisne. Versé dans le premier bataillon, tout comme Jean Hugo, le soldat témoigne lui aussi des ovations tout au long du voyage vers le nord de la France, avant son arrivée au Auxy-le-Château. Une fois sur place, il cantonne à Sus-Saint-Léger, puis passe à Maroeuil, avant d'arriver dans la zone des combats fin mai.
Son bataillon est placé en réserve, et c'est donc sous les bombardements incessants que le jeune garçon fait son apprentissage du feu. A l'excitation de ces premières journées se mêle une longue hébétude due au marmitage incessant. Très vite pourtant, cette guerre lui déplaît ("Oh ! La laide guerre où l'on se terre, où l'on se cache ! Comme nous sommes loin des guerres d'autrefois dont j'aimais les récits !! Où sont : «les bivouacs sommeillant sous les cieux étoilés», le choc des armées en campagne, les charges magnifiques terminant les combats. Ici, il faut s'anéantir sans s'être vus et la mort frappe au hasard, sans la beauté de la lutte." ) Le réconfort, il le trouve au contact du lieutenant Engerand et de la religion. Il visite ainsi l'église de Maroeuil dont le maître-autel est "anéanti", rencontre l'aumônier ("un prêtre très brave et très aimé, il me cause longuement et gentiment pendant que les projecteurs balayent le ciel") et sert la messe le 31 mai dans un abri-caverne ("sur un autel improvisé, à la lueur de quelques bougies, au bruit des canons (…) J'ai même le bonheur inouï, inespéré de pouvoir communier.").
Le 28 mai, Roger Couturier dans une lettre à sa mère décrit une tranchée : "Nous sommes en ce moment dans un boyau profond de 1,80 m à 2 mètres et large de 1,50 m. Pour venir, nous avons traversé "la Targette" en ruines, partout une odeur suffocante. Les balles sifflent autour de nous pendant que j'écris : dans le ciel se dessine unn Zeppelin. Au loin, des fusées. Nous changeons deux ou trois fois de place, cependant une fusée rouge nous repère et immédiatement fusils et canons se mettent à cracher de notre côté."

(A suivre...)


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