Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
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21 nov. 2011

La guerre contre l'oubli de Marcel Houyoux (ép. 7)

Dernier billet consacré à la situation de la côte 170 dans la bataille du Charleroi. En quelques heures, comme l'explique Marcel Houyoux, la contre-attaque française (dans laquelle est engagé le troisième bataillon du 36e RI) échoue sous un déluge d'artillerie. Et le Châtelet se met à brûler...

A la sortie de Châtelet, le champ où s'est brisé la contre-attaque Schwartz,
à laquelle participait le 3e bataillon du 36e. "On voyait des taches rouges partout !"
"Ce sont les canons français qui ont incendié Châtelet... Ce ne sont pas les canons ennemis comme beaucoup de nos grands-parents le croyaient : les Allemands occupaient Châtelet depuis 9h00 à la côte 170. Ils n'allaient pas tirer sur leur propre infanterie ! Ils avaient cependant un gros avantage : les obusiers de .105 étaient placés en surplomb, sur le site des Charbonnages du Gouffre, à Chatelineau, au nord de la Sambre, un site aujourd’hui abandonné. Ils pouvaient donc s’en donner à cœur joie. Je ne sais plus dans quel récit on raconte la charge de la musique de la CHR du 1er régiment de marche des tirailleurs algériens. Elle était commandée par le lieutenant porte-drapeau parisien Eugène Multédo. Un obus est tombé au milieu d'eux : tous les musiciens tués, Multédo aussi, à l'exception de l'adjudant-chef de Musique Louis Pelletier. Soigné à Bouffioulx : il est mort deux jours après. Le drapeau fut même pris par le caporal Riek de l’IR N°91. Bref, ça a matraqué dur ici ! 
"Lorsque les Allemands ont débordé Châtelet et sont arrivés au-dessus de la ville, sur la côte 170 - vers 15h00-16h00 le 22 août -, ils ont d'abord soigné leurs propres blessés. Beaucoup de tirailleurs et de fantassins du 36e sont restés allongés toute la nuit du 22 au 23, et sont morts faute de soins ou ont été achevés par l’ennemi. Il n'y a qu'à lire le témoignage du capitaine Rauzy du 1er tirailleurs! C'est pour cela que les pertes sont élevées. J'ai lu aussi le rapport d'un artilleur allemand qui raconte que jamais il n'aurait pu imaginer cela : «C'était tout rouge ici !» raconte-t-il [Marcel Houyoux désigne le champ qui remonte vers les bois du Châtelet]. On voyait des taches garance et bleues partout... Les tirailleurs, les zouaves, les fantassins, etc. Une vision d'épouvante... Le lendemain, le dimanche, les Allemands ont réquisitionné des civils de Châtelet pour enterrer les corps et relever les blessés pour les acheminer vers les ambulances officielles ou particulières."

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