Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
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9 nov. 2011

La guerre contre l'oubli de Marcel Houyoux (ép. 4)

Suite de l'entretien donné par Marcel Houyoux sur la bataille de Charleroi, en août 1914. Quels furent les mouvements des armées et comment le combat démarre en Belgique ?

Un panorama pris du terril du Boubier : Châtelet (sur la gauche), à quelques kilomètres
des bois (à droite), où sera engagé le 36e régiment d'infanterie.
"Les Français arrivent dans l’Entre-Sambre-et-Meuse avec enthousiasme. Ce qui les étonne, c'est l'accueil chaleureux de la population belge. Tous les anciens l'affirment oralement ou par écrit : les Français franchissent la frontière, musique en tête, acclamés par toute la population. Regardez le livre de Georges Gay (La Bataille de Charleroi, éd. Payot, 1937, NDR) : vous avez une photo de l'entrée du 24e RI à Beaumont, le 18 août 1914, aux accents de La Chiffa, avec le 28e qui fait la haie d'honneur. 
"La bataille commence le 22 août vers huit heures. Pour le 36e régiment d'infanterie, les mouvements des bataillons sont connus, hélas sans coordination avec les régiments voisins. A Châtelet, les opérations françaises se déroulent en trois phases.
"Au préalable, dès sept heures, les Allemands traversent les ponts de la Sambre (les «sonnettes d’alarme» françaises se sont retirées sur la côte 170). Ils pénètrent dans la ville, arrivent aux abords sud et se heurtent aux 39e et 129e régiment d'infanterie positionnés sur les hauteurs. Bien vite ces éléments sont "matraqués" par l’infanterie ennemie et les canons postés à Chatelineau. Les Allemands occupent les positions vers neuf heures.
"Vers dix heures, venant du hameau de la Figotterie, les premier et deuxième bataillons du 36e RI sont déjà sur place
(voir schéma n° 1, lire le récit qu'en donne l'historien Georges Gay) : le premier à cheval sur la route Châtelet-Fosses, le deuxième en direction de l’ouest de Presles, vers Aiseau.
"Vers 10h30, le général Sauret donne l’ordre de reprendre les positions perdues. Une demi-heure plus tard, les deuxième et troisième bataillons du 1er tirailleurs algériens s’ébranlent vers Carnelle (est de Châtelet) avec le Colonel Vuillemin. Le troisième bataillon reste en réserve au hameau de La Figotterie. Le 1er zouave est en mouvement à la droite, vers l’est de Presles, vers la poudrerie. Par suite d’une erreur d’orientation du commandant Anthoine du troisième bataillon au premier tirailleur algérien, le front s’étend trop à droite : le deuxième batillon ne sait plus où se positionner et un vide de 500 mètres sépare le deuxième du premier bataillon qui va charger (voir schéma n°2).
"Dans le bois de Châtelet, les tirailleurs et les zouaves prennent des petits chemins qui mènent vers la côte 170, où se trouve le café Léonard. Comme il avait plu la veille, imaginez-les avec leur ample pantalon traversant les bois et les futaies. Et partout, des balles qui sifflent, des .105 et des .75 allemands qui les "crachent" ! Et puis brusquement, alors que le colonel Vuillemin commence à faire mouvement, il apprend que son premier bataillon a été remis à sa disposition. Donc il file dans le bois - sans connaître, sans aucune carte - et par le petit chemin qui est là-bas, et il tombe par hasard sur cette unité en début d’attaque. Son objectif  ? La lisière sud de Châtelet et plus si possible."

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