Pourquoi ce blog et comment le lire ?

Cette page, qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, est un hommage rendu aux hommes du 36e régiment d'infanterie que mon arrière-grand-père, Fernand Le Bailly, a côtoyés, parfois photographiés pendant la Première Guerre mondiale. Elle souhaite conserver et transmettre leur souvenir. Elle est conçue à partir de témoignages, d'écrits et d'archives personnels qui m'ont été envoyés, en partie par des descendants de soldats du 36e. Elle est aussi un prétexte pour aller à la rencontre d'"invités" – historiens, passionnés de la Grande Guerre, élus, écrivains... – qui nous font redécouvrir aujourd'hui ce titanesque conflit. Elle est enfin un argument pour découvrir tous les prolongements de ce gigantesque conflit dans le monde d'aujourd'hui.
Comment consulter cette page ? Vous pouvez lire progressivement les messages, qui ne respectent pas un ordre chronologique (ils évoquent, par exemple, l'année 1915 ou 1914). Vous pouvez aussi avoir envie de vous attarder sur une année ou un secteur géographique : pour cela, cliquez dans la colonne à gauche dans la rubrique "Pages d'histoire du 36e" sur la période et le lieu qui vous intéressent. Tous les messages seront alors rassemblés pour vous selon l'ordre de publication.
Comment rentrer en contact ? Pour de plus amples renseignements sur ce site, ou me faire parvenir une copie de vos documents, vos souvenirs ou remarques, écrivez-moi. Mon adresse : jerome.verroust@gmail.com. Je vous souhaite une agréable lecture.

Avertissement : Si pour une raison quelconque, un ayant-droit d'une des personnes référencées sur ce site désire le retrait de la (les) photo(s) et des informations qui l'accompagnent, qu'il me contacte.

3 nov. 2011

La presse en revue, semaine 12 bis

Suite de notre revue de presse sur la Grande Guerre pour les jours passés...
En France :

  • A quelques jours de l'inauguration du musée de Meaux par Nicolas Sarkozy le 11 novembre prochain, plusieurs voix s'élèvent outre-Manche, selon le tabloid populaire Daily Mail, pour dénoncer le manque d'initiative du Premier Ministre, David Cameron, concernant les commémorations de la Première Guerre mondiale en 2014 (en anglais). Selon le Telegraph (photo),"la France va éclipser les projets de la Grande-Bretagne", entres autres par l'ouverture du musée de Meaux, alors que l'Angleterre n'a pour le moment "rien annoncé" (en anglais).
  • A la veille de la date anniversaire du 11 novembre, de nombreuses manifestations autour de la réhabilitation des fusillés pour l'exemple, le pacifisme et la publicité pendant la guerre sont organisées dans toute la France par la Fédération nationale de la libre pensée (FNLP), la Ligue des droits de l'homme, l'Association républicaine des anciens combattants et victimes de la guerre, etc. La page d'accueil du site de la FNLP rassemble ainsi "68 rassemblements et initiatives pacifistes et internationalistes à travers la France", comme en témoignent la manifestation de Saint-Junien (Haute-Vienne), suivie par Le Populaire, ou l'exposition sur la réclame, à Vitrolles, vue par La Provence.
  • Le musée d'In Flanders Fields Museum, situé à Ypres, fermera ses portes le dimanche 13 au soir pour accomplir sa mue. Il rouvrira le 11 juin et sera agrandi, avec "une mise en scène plus moderne de ses collections", selon La Voix du Nord.
  • Le 11 novembre prochain, la commune de La Couronne (Charente), nous dit le blog de Jean-Pierre Champagne, inaugura un plaque commémorant la mémoire de 13 soldats décédés des suites de leurs blessures pendant la guerre 1914-1918 à l'hôpital psychiatrique de Breuty. Cette liste s'ajoutera à la liste des 106 Couronnais morts pour la France durant la Première guerre mondiale. 
  • Un concours scolaire "Les monuments aux morts de la Grande Guerre de ma commune, de mon quartier…" vient d'être lancé par l’association Civisme et démocratie-Cidem avec le soutien du ministère de l’Education nationale, et en partenariat avec l’Historial de la Grande guerre de Péronne. Il est ouvert à toutes les classes des écoles primaires et à tous les collèges. Réglement et dépôt de dossier se font sur le site Itinéraires de citoyenneté.
  • De nombreux documents ayant trait à 14-18 viennent d’être inventoriés par les archives municipales de Montargis, selon le portail Larep.fr. "Au fil des documents, c’est l’histoire de la ville pendant la Grande Guerre que l’on peut écrire."
    Hors de France :
    • De plus en plus de monuments aux morts sont menacés en Angleterre, prévient The Telegraph. Ces édifices, pour le quotidien, sont "victimes de négligence, d'opérations immobilières, de vandales ou de voleurs", comme le monument de Willaston, dans le comté de Cheshire, dont les plaques ont été dérobées et qui portaient les noms de 43 soldats de ce village près de Liverpool (en anglais). Sur près de 62 000 monuments référencés par le musée impérial de la guerre, près de 1 300 auraient ainsi déjà disparu. A noter que le War Memorial Trust, qui veille, en Angleterre, à la conservation de ces monuments, vient ainsi de lancer une campagne de sauvegarde via son site internet In Memoriam 2014, rapporte le Daily Mail (en anglais). 
    • Vous aimez les fleurs ? Relisez la belle histoire du Bleuet de France sur le blog d'Hervé Chabaud. Et si vous êtes plutôt coquelicot, découvrez avec le Mirror (photo), comment un pavot rouge cueilli en 1916 sur le champ de bataille puis naturalisé a traversé les années au fond d'une armoire dans le West Midlands (en anglais). 
    Dans l'agenda :
    • Le 4 novembre : conférence de Michel Bernard et dédicace de son ouvrage Pour Genevoix, qui sort le jour même aux éditions de la Table ronde (au Cercle des anciens combattants de Courbevoie, square de l’Hôtel de Ville).
    • Selon le site Infosgabon, à l’occasion de la quatrième "semaine du souvenir des Tirailleurs Africains 2011", un hommage aux tirailleurs africains, troupes coloniales, indigènes, combattants d'outre-mer, de Madagascar et d’Indochine morts pour la France lors des deux guerres mondiales de 1914-1918 et de 1939-1945 sera rendu les 4, 5 et 6 novembre 2011. Au programme, conférences, débats... autour d'un thème : "Devoir de mémoire".
    • Du 7 au 11 novembre se tiendra une exposition à Bruges (Gironde) intitulée "Un autre regard sur la Grande guerre, peintures et artisanat de tranchées" et présentera "une centaine d'objets et de toiles réalisés par les soldats", témoigne Sud Ouest. 
    • Le site Bordeaux7 informe que France 3 Aquitaine diffusera le 9 novembre le documentaire "Une pensée du Courneau", réalisé par Serge Simon (à lire un long article de Sud-Ouest), qui raconte la construction en 1916 de l'immense camp militaire de la Teste, destiné à accueillir pendant l’hiver les tirailleurs sénégalais enrôlés par la France dans le cadre de la Première Guerre Mondiale. 
    • Le 11 Novembre à 11 heures, sera inauguré un nouveau panneau du "circuit des chars" du village de Montiers (Oise). Pour rappel, ce circuit d'une longeur approximative de 70 km, à destination des randonneurs et vététistes, est articulé autour des lieux où se sont illustrées les régiments d'infanterie et groupement de chars d'assaut dans la bataille du Matz (juin 1918). 
    • Les 11, 12 et 13 novembre prochains, l'entrée au futur musée de Meaux sera "entièrement gratuite" pour les habitants des 18 communes de Meaux, selon Le Mag du pays de Meaux. 
    • Programmation spéciale "Grande Guerre" sur la chaîne Histoire le 11 novembre, avec deux documentaires inédits "Léger au front" et "La Grande-Guerre vue du ciel", ainsi que "L'Affaire Rattaire". Le programme complet est à découvrir sur le site. 
    • La société d'histoire locale Le Mont Tilleul (Ardennes), dans le cadre de ses recherches sur la Grande Guerre propose jusqu'au 13 novembre une exposition sur les prisonniers de guerre en Allemagne : "Prisonniers de guerre de Sensée et d'Ostrevent en Allemagne pendant la Première Guerre mondiale" (source: La Voix du Nord). 
    • Selon un communiqué de la préfecture des Côtes d'Armor, une exposition à Saint-Brieuc rappelle jusqu'au 24 novembre l'histoire de la Grande Guerre. Expositions, conférences... avec l’aide de l’Association Bretagne 14-18, du musée de la résistance bretonne de Saint-Marcel et de collectionneurs. 
    • Pour regarder autrement la guerre 14-18, à travers le prisme de la culture, le festival "Un autre regard" de Bruay la Buissière (Pas-de-Calais) lance jusqu'au 29 novembre une série d'activités autour du thème de l'art de la transmission, nous dit La Voix du Nord. 
    Et vous, qu'avez-vous remarqué ces jours-ci ?

    2 nov. 2011

    La guerre contre l'oubli de Marcel Houyoux (ép. 2)

    Le monument aux morts de Bouffioulx. En médaillon,
    un portrait de Marcel Jules Léger, du 36e RI,
    né le 7 juin 1891, à Demouville, mort le 22 août 1914.
    Deuxième billet sur Marcel Houyoux en Belgique et son travail autour de la "bataille de Charleroi". A quelles difficultés s'est-il heurté dans son entreprise ?

    "Croyez-moi : il n'est pas facile de retrouver les soldats de cette bataille. Les Bretons, les Normands, les Bordelais, les Nordistes, ceux de Bayonne, ceux de Pau, les Algériens, les Tunisiens... Les découvrir, parfois un à un, représente des milliers d'heures de travail à identifier d’abord les unités concernées, à compulser les fiches des "Morts pour la France", département par département, lettre par lettre, année de naissance par année de naissance et, parfois, sans résultat... Prenez les tableaux d'encadrement des régiments : ils sont de temps à autres incomplets ou carrément absents. Pour le 1er zouave, on ne trouve rien. Je ne connais même pas les commandants de bataillon ! De même le 4e zouaves, qui a combattu à Tarcienne. Même chose pour le 6e régiment de tirailleurs algériens (RTA) et le 5e chasseurs à cheval. Les autres, ça va. Il faut chercher un peu. Les historiques nous donnent aussi pas mal d’informations. Mais certaines listes de tués sont sujettes à caution, comme celles du 136e par exemple. Avec tout ce que j'ai accumulé, je réussis quelquefois à reconstituer l’ordre de bataille de régiments comme le 3e régiment de marche de zouaves, et certaines unités d’artillerie comme celles de la 51e DI et la 69e. Des correspondants m’aident aussi dans cette tâche. Il y a quelques années, j’étais en contact avec un historien allemand qui m'a apporté un sacré coup de main. C'est grâce à lui que j'ai découvert les organigrammes des régiments allemands, les noms des officiers présents aux combats de Châtelet, ainsi que les pertes. D’où de précieuses comparaisons !"

    31 oct. 2011

    La presse en revue, semaine 12

    Suite de notre revue de presse sur la Grande Guerre pour la semaine passée.
    En France :

    Le camion de Dominique Bleuven devant la nécropole
    de Notre-Dame de Lorette (photo Alain Chaupin).
    • Pas ou peu d'informations, pour le moment, sur le rapport de Joseph Zimet, adjoint à la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA), remis début septembre au président de la République. Ce document intitulé "Commémorer la Grande Guerre (2014-2020) : propositions pour un centenaire international" préconise toutefois plusieurs dates phares de célébration, selon le mensuel L'Histoire. Parmi les plus significatives, citons un démarrage des manifestations le 28 juin à Sarajavo, un défilé "des troupes des pays engagés dans la Grande Guerre" sur les Champs-Elysées le 14 juillet, et le 11 novembre, une "panthéonisation" de l'auteur Maurice Genevoix. "Dans un deuxième temps, poursuit le magazine, (...) sur trois ans, les collectivités territoriales reprendraient la main des célébrations (...) au rythme des anniversaires de batailles." Le final est prévu en 1920, centenaire de l'inhumation du Soldat inconnu.
    • De nombreux articles reviennent cette semaine sur l'inhumation du soldat canadien Alexander Johnston, évoquée ici, à Sailly-lez-Cambrai dans la région Nord-Pas-de-Calais. La Voix du Nord évoque les circonstances qui entourent cette célébration, ainsi que le déroulement de la cérémonie et les techniques ADN employées pour identifier ces victimes (reprise de ce communiqué). A noter que pour les amateurs, le site Global News (en anglais) nous donne quelques images. On peut y voir l'arrière-petite-nièce du Soldat Johnston, le Caporal Ann Gregory,  trompettiste dans les Governor General's Foot Guards, qui a joué de son instrument lors de l'inhumation.
    • Les travaux autour de Carspach se poursuivent et le Frankfurter Allgemeine écrit plus longuement sur cette découverte, qui ne doit rien au hasard et concerne 21 soldats, dûment identifiés selon le quotidien (en allemand).
    • Avec l'aide de généalogistes, les archives départementales de la Moselle participent à un grand recensement des combattants mosellans morts au combat au cours de la Grande Guerre. Ces listes nominatives serviront à réaliser un lieu de mémoire à Gravelotte dont l'ouverture est programmée avant 2015, explique la Revue Française de généalogie.
    • L'artiste Pierre Buraglio, exposé jusqu'au 4 mars, à l'Historial de Péronne, expose sa vision de la "Grande Guerre" et revient sur ses choix artistiques dans un reportage de France 3.
    • D'autres petites informations sur la plaque commémorative découverte dans l'église d'Onay-sur-Odon, selon Ouest-France.
    • Le camion de Dion Bouton de Dominique Bleuven (photo), qui a qui a "fait" la guerre de 14, est parti pour son périple qui l'amènera à Verdun le 11 novembre prochain, nous dit La Voix du Nord. Bonne chance à lui.
    • Ouest-France, en partenariat avec TVR, organise une soirée-émission spéciale sur le thème "Souvenirs de la Grande Guerre : que reste-t-il des poilus dans nos familles". Le quotidien invite ses lecteurs détenteurs d'anecdotes familiales sur la Grande Guerre, de lettres, de photographies ou d'objets d'époque à le contacter pour les partager.
    • A quoi servent les quêtes du Souvenir Français ? L'exemple de la commune de Lectoure, expliqué par Sud Ouest.
    • "Journée du patrimoine" bis et avec retard pour un petit groupe de personnes qui a pu revivre, le 16 octobre dernier, les combats de la dernière heure dans le camp militaire de Sissonne, raconte L'Union (régiments cités : 28e et 119e RI).
    • A Montaut (Ariège), on a retrouvé la trace de conscrits, dont certains sont inscrits au monument aux morts, dans... une boulangerie, raconte La Dépêche.
    • A noter, enfin, que les cérémonies du 11 novembre seront retransmises sur France 2 et TF1, nous dit Le Nouvel Obs et Première.
    Hors de France :
    • La saison 2 de la série "Dowtown Abbey" se poursuit en Angleterre et les quotidiens reviennent sur ce conflit : le Dailymail raconte ainsi l'histoire de la famille Horner, du manoir de Mells (Somerset), fauchée par la Grande Guerre, et, dans une autre édition, sur l'ouverture de la maison Wilfred Owen, à Ors - une réussite selon le journaliste (en anglais).
    • En visite royale en Australie, la reine Elizabeth 2 a visité l'Australian War Memorial à Canberra, ont témoigné de nombreux quotidiens comme Le Mirror (en anglais).

    Du côté des parutions...
    • Plus que quelques jours pour lire, dans le magazine Tranchées n°7 (7 €), le deuxième et dernier volet de l'article consacré au 74e RI devant Douaumont, entre le 22 et 25 mai 1916, signé Stéphan Agosto.
    • A lire, sur le formidable site Le parcours du combattant, une recension du livre de Christophe Dargere Je vous écris de mon hôpital. Destins croisés de six soldats ligériens blessés pendant la Grande Guerre (L'Harmattan, collection Histoire de la défense, 16,50 €) sorti fin septembre et que nous n'avions pas encore mentionné.
    Et vous, qu'avez-vous remarqué cette semaine ?

    28 oct. 2011

    L'invité du 36e : la guerre contre l'oubli de Marcel Houyoux (ép. 1)

    Marcel Houyoux, à droite sur la photo
    (© courtesy of Xavier Bocé).
    Premier billet consacré au travail de Marcel Houyoux en Belgique sur la "bataille de Charleroi". Qui est-il et d'où lui vient sa passion ?

    "Depuis que mon grand-père maternel m’en a parlé il y a 40 ans, je m'intéresse aux combats de l'Entre-Sambre-et-Meuse belge. Ces combats, il les a vécus lui-même. Il avait neuf ans en 1914. Et à 65 ans, il se souvenait encore très bien de ce qui s'était passé en août 14. Orphelin peu avant la guerre, sa maison a été incendiée «par les canons français» et il a dû se cacher au plus fort de la bataille dans une cave. Le soir il a assisté à l’incessant va-et-vient des blessés dans les hôpitaux de campagne et en avait été fort marqué. Après l'invasion allemande, il a travaillé dans la mine pour nourrir sa famille. Bref, il m'a beaucoup parlé de cette époque et j'ai voulu en savoir plus. A ce moment-là – je parle des années 60/70 –, il y avait encore beaucoup de personnes vivantes qui avaient vécu les événements.
    "Je suis devenu prof pour, entre autres, pouvoir raconter tout cela. Pour ce faire, en Belgique on doit suivre un régendat, l'équivalent de Bac + 3. Pendant mon cursus, j'ai étudié trois grosses matières : le français, l'histoire bien sûr et l'anglais. J’ai réalisé un travail de fin d’études sur les combats de Châtelet. Mais c'était avec mes minces connaissances de l'époque. Puis j'ai rencontré Richard Vandenbroeck qui s'intéressait à l'histoire locale et avait fait une remarquable étude d’approche sur les combats de Châtelet, parue dans la revue
    Le Vieux Châtelet, en 1966. Il y reprenait des cartes, quelques photos de prisonniers français, des informations sur les ambulances stationnées et créées ici en août 14 et de longues listes de soldats tués. Toutes ces informations émanaient des archives de la Croix-Rouge de Châtelet que M. Vandenbroeck avait recopiées. C'est lui aussi qui m'a fait découvrir pour la première fois l’ouvrage de Georges Gay La Bataille de Charleroi (éd. Payot, 1937, lire ici un extrait de son ouvrage à propos des combats du 36e RI). La lecture de ce livre a été déterminante pour moi. Mon premier objectif a été de visiter tous les cimetières de la région, prendre note des listes, les photocopier ou parfois les écrire à la main, comme je pouvais, parfois sous la pluie à l’abri des chapelles ou sous les arbres... Le site Mémoire des hommes n'existait pas encore. Après le mois de novembre 2003, qui a vu la mise en ligne de la base des "Morts pour la France" de la Première Guerre mondiale, ça a été plus facile…"

    26 oct. 2011

    L'invité du 36e : la guerre contre l'oubli de Marcel Houyoux

    Intégrée à l’ensemble des opérations connues sous le nom de “bataille des frontières”, la bataille de Charleroi, le 22 août 1914, fut une véritable tragédie, entre autres par l’hémorragie humaine qu’elle entraîne. En quelques heures, l’engagement du 36e régiment d’infanterie, au sein de la 5e Armée, se solde officiellement pour l’unité par 1250 soldats tués, blessés, disparus et prisonniers. Que reste-t-il de leur mémoire dans la campagne aux alentours de l’agglomération wallonne ? Peu de choses, sinon les nombreuses nécropoles qui ponctuent le paysage. Le temps a gommé leur souvenir et parfois effacé jusqu’à leur nom. Quelques hommes pourtant travaillent depuis plus de dix ans à leur réhabilitation, ainsi qu’à celle de tous les combattants engagés dans la bataille de l’Entre-Sambre-et-Meuse. Parmi eux, Marcel Houyoux, ancien professeur d’histoire à l’Institut Notre-Dame de Philippeville. Nous l’avons rencontré sur les lieux mêmes de la bataille, où il a bien voulu répondre à nos questions.


    Ci-dessous, trois cartes auxquelles se référer en parallèle de la lecture des billets :

    1. Contre-attaque de la 75e brigade d'infanterie (BI) et du 3e bataillon du 36e RI - Situation à 11h00.
    2. Châtelet : contre-attaque du 1er régiment des tirailleurs algériens - Situation de 11h00 à 12h15.
    3. Châtelet : position du 43e régiment d'artillerie de campagne (RAC) lors de la contre-attaque de la 75e brigade d'infanterie. Soutien du 11e RAC à la contre-attaque de la 75e BI.






    (A suivre...)

    25 oct. 2011

    La presse en revue, semaine 11

    Suite de notre revue de presse sur la Grande Guerre pour la semaine passée.
    En France :

    • Lors d'une réunion avec Christian Frémont, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, la fédération de la Libre Pensée, selon un édito, a fait part de son souhait de réhabilitation immédiate pour les "600 fusillés pour l’exemple" de la Première Guerre mondiale, et non en 2014 ou 2018.
    • Avec la forêt domaniale de Verdun candidate à l’obtention du label "forêt d’exception", le site de Verdun oscille entre nature et histoire, expose un article du Républicain Lorrain (photo).
    • Jean-Pierre Verney, ce "foldingue" et "fondu de poilus", à l'origine du musée de Meaux, peut aussi être décliné en cinq dates : un exercice signé par le JDD.
    • Les recensements civils et militaires, les archives judiciaires et notariales et autres peuvent-ils être concédés à une entreprise privée dans le but de les exploiter commercialement, après indexation ? C'est l'un des enjeux du feuilleton juridique qui oppose la société Notre famille aux archives départementales du Cantal, et qui vient de connaître un nouveau rebondissement, explique la Revue française de généalogie.
    • Une plaque en marbre portant les noms de 67 combattants d'Aunay-sur-Odon a été retrouverte dans la cave de l'église Saint-Samson, selon Ouest-France. Elle sera réinstallée dans le bâtiment. A toutes fins utiles, rappelons que la ville normande compte quatre soldats du 36e RI morts pour la France : Edouard Huet, Alphonse Lavarde, Eugène Lafontaine et François Pageot.
    • "Monument modeste mais émouvant", la chapelle des poilus de Saint-Thomas-en-Argonne est sortie de l'oubli grâce à une restauration conduite par le Comité franco-allemand, publie L'Union.
    • Le collège Anjou (dont ce blog s'est fait l'écho) poursuit son travail de mémoire sur les traces des poilus de la Première Guerre mondiale. Le voyage pédagogique ayant pour thème cette année "Mémoire de pierres, mémoire de mots", comme l'expliquait Ouest-France le mois dernier, vient de s'achever. Le bilan est à lire ici.
    Hors de France :
    • Selon le site La Libre Belgique, la région flamande a envoyé aux ambassades de plusieurs pays, dont la France, un projet de "déclaration internationale" à l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale "qui fait l’impasse sur la Belgique et sur la mort de soldats belges dans les tranchées de l’Yser". Selon Le Soir, en Belgique, l’État fédéral envisage d’organiser une “commémoration nationale avec une dimension internationale".
    • Les vols et les dégradations se poursuivent. Cette fois visée la nécropole militaire française de la Belle-Motte, près de Charleroi, où un bas-relief en bronze à l’effigie du père d'un soldat tombé le 22 août 1914, à Le Roux, a disparu (il a depuis été retrouvé), raconte le site L'Avenir.
    • Aux Etats-Unis, la fille d'un soldat juif, héros de la Première Guerre mondiale, se bat pour que son père, ainsi que tous les combattants juifs qui se sont conduits avec bravoure sur le champ de bataille mais qui furent victimes de discrimination au sein de l'armée, soient décorés à titre posthume de la "medal of honor", selon les feuilles Nation du Los Angeles Times (en anglais). 
    • A l'occasion de la sortie prochaine du film The War Horse, The Telegraph revient sur l'histoire des chevaux de guerre, la genèse du roman de Michael Morpugo, et ses différentes adaptations (en anglais). A noter qu'une exposition sur ce thème vient d'ouvrir au National Army Museum, et ce, jusqu'en août 2012.
    • Une correspondance entre deux neurologistes datant de 1943 indiquerait que la cécité dont a souffert Hitler après une attaque au gaz en 1918 résulterait en réalité d'une maladie mentale, selon le Daily Mail (en anglais). 

    Du côté des parutions...
    • A vos ordres ? - La relation d'autorité dans l'armée française de la Grande Guerre, par Emmanuel Saint-Fuscien (éd. EHESS, 23 €)
    • La parution en poche des Carnets de guerre d'Edouard Coeurdevey (éd. Pocket, 13,70 €)
    • Comment sortir de la guerre ? - Deuil, mémoire et traumatisme (1870-1940), par Stéphane Tison (éd. PU Rennes, 22 €)
    • Insignes et tenues des aumôniers militaires français depuis 1852, par Dominique Henneresse (éd. ETAI, 49 €).
    Et vous, qu'avez-vous remarqué cette semaine ?